eBulletin de la SFMS

Bulletin d'information - Juin 2010 - n°15

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Comité de rédaction

Directeur de la rédaction : Jacques Buvat
Secrétaire de rédaction : Gilbert Bou Jaoudé
Directeur de la publication : Alexandre Gilbert
Membres : Patrick Bouilly, Christophe Bonnin, Pierre Desvaux, Marc Galiano

 

Sommaire

  • Editorial Scientifique
  • Le mot du Secrétaire Général
  • Remerciements aux contributeurs au Bulletin électronique de la SFMS
  • Actualités

    Société : l’obésité semble un facteur de risque particulièrement important pour des comportements sexuels à risque chez les adolescentes américaines

    Traitement hormonal de la ménopause : à condition que leur dosage ne dépasse pas 50 µg par jour, les patchs d’estradiol ne semblent pas augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral, au contraire des œstrogènes pris par voie orale.

  • A travers la littérature

    A propos de l'actualisation récente des recommandations concernant les Dysfonctions Sexuelles Féminines

    Infertilité et Dysfonctions Sexuelles Féminines : un impact réciproque

    La saga du déterminisme génétique de l’éjaculation prématurée se poursuit avec un possible rôle du polymorphisme du gène du transporteur de la dopamine.

    Ejaculation prématurée : Vers un retour à la section-plastie du frein dans des cas sélectionnés ?

    Chez l’homme un taux faible de testostérone est associé à une augmentation de la consommation médicale.

    Les adolescents et le Papillomavirus : que savent-ils de l’infection et de son vaccin ?

Editorial Scientifique

Vieillissement Métabolique, Cardiovasculaire et Sexuel de l’Homme : affaire de testostérone, ou d'aménagement  du style de vie ?

Jacques Buvat, Lille, France

Chez l'homme la testostérone circulante, et plus particulièrement ses fractions biologiquement actives, testostérone libre et biodisponible, tendent indubitablement à diminuer avec l'âge. Mais ce déclin est inconstant, au plus partiel, et autant influencé par l'état de santé général de l'individu que par son âge. Quoiqu'il en soit on a incriminé sa responsabilité dans plusieurs composantes du vieillissement, particulièrement la dégradation avec l'âge de l'équilibre métabolique et des santés vasculaire et sexuelle.

Testostérone et Métabolisme: Ces dernières années l’association entre déficit en testostérone (DT) et résistance à l’insuline, diabète de type 2 et syndrome métabolique est devenue flagrante. Des études prospectives ont particulièrement démontré qu’un taux faible de testostérone (T) prédisait le développement ultérieur d’un diabète ou d’un syndrome métabolique. De même diabète de type 2 et syndrome métabolique prédisent le développement d’un DT. Les études transversales suggèrent par ailleurs que tant le DT que le diabète de type 2 et le syndrome métabolique sont associés à une altération de la fonction érectile, avec diminution du flux sanguin pénien. Par ailleurs quatre études avec groupe témoin récentes suggèrent que le traitement par la testostérone peut améliorer de façon significative équilibre glycémique et résistance à l’insuline.

Testostérone et santé cardiovasculaire: On a longtemps pensé que la T était nocive pour le cœur. Ceci n’est pas confirmé par les études épidémiologiques qui ont cherché à corréler taux de T circulante et maladie cardiovasculaire (MCV). Aucune étude transversale n’a trouvé de corrélation positive entre ces deux paramètres. Au contraire la moitié des études consacrées aux hommes coronariens a trouvé chez eux des taux de T significativement abaissés. D’autres études ont trouvé des corrélations inverses entre T et diverses autres localisations de l’athérome. De plus la T semble exercer des effets bénéfiques sur la plupart des facteurs de risques cardiovasculaires classiques.

Ces données ont soulevé l’hypothèse que c’est en fait le déficit en T qui serait nocif pour le cœur. Cette hypothèse est étayée par plusieurs études interventionnelles avec groupe témoin qui rapportent des effets bénéfiques pour le système cardiovasculaire de l’administration de T. Le fait que la suppression androgénique utilisée pour traiter le cancer de la prostate évolué entraîne rapidement non seulement des troubles sévères du métabolisme glucidique, mais aussi, au moins dans certaines études, une augmentation de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaire (CV), est un argument supplémentaire.

Cependant, parmi dix huit études de cohorte qui ont examiné de façon prospective les relations entre taux circulant de T et morbidité ou mortalité CV, après ajustement pour les facteurs confondants, trois seulement ont trouvé des corrélations entre DT et incidence des décès d’origine CV, et deux autres avec l’incidence de l’insuffisance cérébro vasculaire. Les douze dernières n’ont trouvé aucune corrélation entre taux de T en base et développement ultérieur d’une pathologie CV.

En conclusion, de nombreuses données suggèrent un impact nocif du DT sur la santé CV de l’homme. Cependant les études longitudinales ne le confirment pas clairement.  Les recherches fondamentale et clinique ont montré que les androgènes exerçaient simultanément des effets promoteurs et inhibiteurs des processus athérogènes et inflammatoires au niveau de la paroi artérielle. Il se peut que la résultante de cette myriade d’effets pro et antiathérogènes soit un effet nocif, qui pourrait réduire ou même supprimer le bénéfice vasculaire résultant de l’amélioration des autres facteurs de risque vasculaire. D’autres études prospectives sont nécessaires pour trancher en faveur d’un effet bénéfique, ou simplement neutre, de la testostérone sur la santé vasculaire de l’homme. Mais l’hypothèse d’un effet globalement nocif semble pouvoir d’ores et déjà être écarté.

Risques cardiovasculaires du traitement par la testostérone: Les résultats actuels des études randomisées, en double insu contre placebo, de traitement par la T d’hommes de plus de 45 ans, ne montrent pas d’augmentation importante des effets indésirables CV. A l’exception d’une augmentation significative du risque de polyglobulie, qui, si elle était négligée,  pourrait augmenter le risque de thrombose vasculaire.

Testostérone et santé sexuelle: Une relation entre DT et déclin du désir sexuel chez le sujet âgé parait plausible selon les rares données épidémiologiques dont on dispose. Par contre l'hypothèse d'une relation directe DT- détérioration des érections "sexuelles" est plus discutable. Rares sont en effet les études qui ont trouvé chez le sujet âgé des corrélations entre T et érections qui aient persisté après ajustement pour l'âge. De plus si 2 méta-analyses des essais cliniques contre placebo ont confirmé un effet significatif du traitement par la testostérone sur le désir et les érections des hommes de tout âge dont la T basale était inférieure à 3.5 ng/ml, les effets d'un tel traitement se sont avérés décevants lorsqu'on l'a appliqué aux hommes de plus de 50 ans consultant pour dysfonction érectile (DE) chez qui les explorations ont identifié un DT. La proportion de ceux qui sont franchement améliorés par la seule T ne dépasse par un tiers. Plusieurs raisons peuvent rendre compte de cette discordance avec les résultats des méta-analyses déjà citées: le DT des hommes consultant principalement pour DE n'est souvent que minime et bien inférieur à celui de la majorité des études incluses dans ces méta-analyses. Le DT peut aussi dans certains cas constituer plus une conséquence que la cause de la DE. Surtout chez ces hommes âgés qui consultent pour DE et présentent un DT, l'association d'anomalies vasculaires est très fréquente et peut empêcher l'amélioration des érections sous l'effet de la seule T. En tel cas l'association d'un Inhibiteur de la Phosphodiestérase de type V (IPDE5) sera nécessaire, et il est important de signaler que ce type de médicament n'est souvent efficace qu'à condition d'un taux circulant minimum de T d'environ 3 ng/ml.

Mais il se peut aussi que l'une des principales causes de la mauvaise réponse à la T chez les hommes âgés avec DT soit que ce traitement est intervenu trop tard, après que le DT ait endommagé l'endothélium, puis la paroi vasculaire par l'intermédiaire de ses effets nocifs sur la résistance à l'insuline et l'équilibre métabolique. Ce d'autant plus que chez les hommes avec DE qui ont plus de 50 ans, le DT est corrélé à l'obésité qui renforce les éventuelles conséquences métaboliques nocives de la carence en T , et, dans les études prospectives, prédit non seulement le DT mais aussi la DE. Quoique plausible, cet impact indirect du DT lié à l'âge sur la fonction érectile reste à confirmer. A l'évidence bien d'autres altérations endocriniennes et métaboliques liées à l'âge et à la surcharge pondérale qui l'accompagne souvent peuvent tout autant être en cause.

Rôle du style de vie dans la préservation ou l'amélioration de la santé sexuelle: L'influence du style de vie sur le développement des maladies métaboliques, y compris la simple obésité, et de la maladie CV n'est plus à démontrer. Le bénéfice des modifications de la structure corporelle (diminution de la masse grasse et augmentation de la masse musculaire) sous l'effet d'aménagements diététiques et d'une augmentation de l'activité physique est également établi, au moins chez les sujets diabétiques. Certaines études ont observé sous l'effet de ces changements une augmentation des taux circulants de T en plus du bénéfice métabolique escompté.  Ce n'est que récemment que les effets de la modification du style de vie ont été testés chez des hommes d'âge mûr qui souffraient à la fois de DE et de troubles métaboliques. Pourtant, depuis la MMAS plusieurs études épidémiologiques prospectives avaient montré que, même débuté tard, l'exercice physique régulier diminuait de 25 à 50% le risque de développer une DE. Ces essais ont montré des résultats encourageants, mais beaucoup moins rapides et spectaculaires que ceux des Inhibiteurs de la Phosphodiestérase de type V dont une étude avec groupe témoin suggère cependant que les changements de style de vie augmentent l'efficacité. Quelques études récentes suggèrent également que ces changements de style de vie potentialisent les effets du traitement par la T tant sur le poids et les paramètres métaboliques que sur la fonction érectile. A l'évidence, même si ces mesures ont des effets moins spectaculaires que ceux de certains traitements pharmacologiques, elles devraient être recommandées en première intention à tous les sujets vieillissants en surpoids, quelle que soit leur plainte fonctionnelle dans la perspective de préserver autant que faire se peut leur état métabolique et vasculaire, sinon même sexuel.

Références

Buvat J, Bou Jaoudé G. Significance of hypogonadism in Erectile Dysfunction. World J Urol 2006; 24: 657-67

Buvat J, Maggi M, Gooren L, Guay AT, Kaufman J, Morgentaler A, Schulman C, Tan HM, Torres LO, Yassin A, Zitzmann M. Endocrine Aspects of Male Sexual Dysfunctions. Journal of Sexual Medicine 2010; 7: 1627-56

Kaufman JM, Vermeulen A. The decline of androgen levels in elderly men and its clinical and therapeutical implications. Endocr Rev 2005; 26: 833-76

Le mot du Secrétaire Général.

Comment vous vous êtes sentis après votre premier rapport sexuel ?

Dans notre précédent numéro du Bulletin Electronique de la SFMS nous vous avons rapporté les résultats d’une large enquête comparant l’évolution avec l’âge des comportements sexuels masculins et féminins. Cette enquête soulignait en particulier les différences de ces comportements sexuels entre les hommes et les femmes de plus de 60 ans…

Dr Gilbert Bou Jaoudé

Plus récemment, en Pennsylvanie aux USA, des auteurs ont comparé le vécu sexuel des garçons et filles au tout début de leur vie sexuelle ( Body image and first sexual intercourse in late adolescence. J Adolesc. 2010 May Vasilenko SA, Ram N, Lefkowitz ES).  En particulier, ils les ont interrogés sur leur satisfaction de leur apparence physique avant et après leur premier rapport sexuel. Et une fois de plus les garçons et les filles sont différents ! En effet, les garçons se disaient plus satisfaits de leur allure physique et se sentaient plus séduisants après avoir eu leur premier rapport sexuel, tandis que les filles se disaient légèrement moins satisfaites de leur apparence physique après cet évènement !

Mais  outre qu'il souligne une fois de plus la différence entre garçons et filles, et la relation entre image de soi et comportement sexuel, ce type de publication  nous rappelle surtout que la Santé Sexuelle est un immense champ de variables, complexes mais passionnants. C’est cette immensité du domaine de la Sexualité qui permet à des spécialistes de différents horizons de s’y intéresser et d’y contribuer. C’est aussi pour cette raison que nous nous efforçons de varier tant que possible les thèmes abordés dans notre Bulletin. Si vous souhaitez y voir d’autres rubriques, il vous suffit de nous soumettre vos suggestions en écrivant à bulletin@sfms.fr.

Par ailleurs, et pour revenir à des sujets plus concrets, nous profitons de ce numéro pour vous rappeler que la SFMS tiendra une session en français lors du prochain congrès de l’ESSM à Malaga, le Dimanche 14 Novembre 2010 de 9h à 15h. Afin de nous permettre d’organiser au mieux cette session nous invitons toutes les personnes qui envisagent d'y participer à se manifester (en nous écrivant à bulletin@sfms.fr). Nous reviendrons dans nos prochains numéros sur cette session de façon plus détaillée.

Bonne lecture !

Signature Dr Bou Jaoudé

Remerciements aux contributeurs au Bulletin électronique de la SFMS

Nous tenons à remercier officiellement les 26 membres ou amis de la Société Francophone de Médecine Sexuelle, appartenant à 7 pays dont 6 pays francophones, qui ont contribué à une ou plusieurs reprises aux colonnes de notre bulletin au cours de sa première année d’existence. Sans eux le bulletin électronique n’aurait pas connu la diversité et le succès que chacun lui reconnaît aujourd’hui. Nous espérons que cette collaboration se poursuivra, et même s’étendra à d'autres contributeurs.

Jacques Buvat et Gilbert Bou Jaoudé

Algérie

Pr M Issad, Alger

Belgique

Dr Evelyne Bonhomme, Liège
Pr Jean-Jacques Legros, Liège
Pr Armand Lequeux, Louvain-la-Neuve

Canada (Québec)

Pr Pierre Assalian ,Montréal
Dr Hélène Dugré, Montréal
Mr Richard Villeneuve, Sherbrooke

Etats-Unis

Dr Andre Guay, Boston

France

Dr Christophe Bonnin, Nice
Dr Patrick Bouilly, Cergy-Pontoise
Dr Gilbert Bou Jaoudé, Lille
Dr Jacques Buvat, Lille
Dr Marie Hélène Colson, Marseille
Dr Patrice Cudicio, Rennes
Dr Béatrice Cuzin, Lyon
Dr Clarence De Belilovsky, Paris
Dr Pierre Desvaux, Paris
Dr Marc Galiano, Paris
Dr Alain Giami, Le Kremlin-Bicêtre
Dr Michèle Herbaut Buvat, Lille
Dr Dany Jawhari, Dijon
Dr Antoine Lemaire, Lille
Dr François Parpaix, Amphion les Bains

Suisse

Drs Alain Bitton, Claus Buddeberg, Alex Eijsten, Roberto Casella, Genève

Tunisie

Pr Lamine Smida, Tunis

Actualités

Société : l’obésité semble un facteur de risque particulièrement important pour des comportements sexuels à risque chez les adolescentes américaines
Analyse par Jacques BUVAT, Lille, France
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Traitement hormonal de la ménopause : à condition que leur dosage ne dépasse pas 50 µg par jour, les patchs d’estradiol ne semblent pas augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral, au contraire des œstrogènes pris par voie orale.
Analyse par Jacques BUVAT, Lille, France
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A travers la Littérature

Santé Sexuelle Féminine

A propos de l'actualisation récente des recommandations concernant les Dysfonctions Sexuelles Féminines (Troisième Consultation Internationale sur la Médecine Sexuelle, Paris, Juillet 2009)
Analyse et commentaires de Armand Lequeux, Louvain, Belgique
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Infertilité et Dysfonctions Sexuelles Féminines : un impact réciproque
Analyse par Gilbert Bou Jaoudé et Jacques Buvat, Lille, France
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Ejaculation

La saga du déterminisme génétique de l’éjaculation prématurée se poursuit avec un possible rôle du polymorphisme du gène du transporteur de la dopamine.
Analyse par Jacques BUVAT, Lille, France
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Ejaculation prématurée : Vers un retour à la section-plastie du frein dans des cas sélectionnés ?
Analyse par le Dr Marc Galiano, Paris, France
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Andrologie

Chez l’homme un taux faible de testostérone est associé à une augmentation de la consommation médicale.
Analysé par Jacques Buvat, Lille, France
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Infections Sexuellement Transmissibles

Les adolescents et le Papillomavirus : que savent-ils de l’infection et de son vaccin ?Analysé par le Dr Gilbert Bou Jaoudé, Lille, France
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Diapothèque

Retrouvez plus de 150 présentations de qualité, rédigées et présentées par des orateurs prestigieux dans différents congrès et manifestations scientifiques.
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Prochains rendez-vous SFMS

Session en Français lors du 13ème congrés de l'ESSM
Malaga, Espagne, Dimanche 14 Novembre 2010



 

 

Agenda

8ème congrès de l'AMSQ/RMSQ
les 9 et 10 septembre 2010, Montréal, Canada  - Mise à jour !!!
http://www.rmsq.com

GELEV
les 8 et 9 octobre 2010, Tours, France
http://www.gelev.com

13th Congress of the European Society for Sexual Medicine
14 - 17 novembre 2010, Malaga, Spain
http://www.essm-congress.org

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