eBulletin de la SFMS

Bulletin d'information - avril 2012 - n°28

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Comité de rédaction

Directeur de la rédaction : Jacques Buvat
Secrétaire de rédaction : Gilbert Bou Jaoudé
Directeur de la publication : Alexandre Gilbert
Membres : Patrick Bouilly, Christophe Bonnin, Pierre Desvaux, Marc Galiano

Sommaire

  • Avant Propos : Violences Sexuelles
  • Editorial : Nous sommes tous des exciseurs
  • Le mot du Secrétaire Général
  • A travers la littérature

    La FDA modifie le RCP du Finastéride du fait de ses possibles effets secondaires sexuels

    Les dilatateurs vaginaux après traitement du cancer utérin: sex toy ou contrainte embarrassante?

    La méditation "Mindfulness" face à la distraction cognitive dans les dysfonctions sexuelles féminines

    Les variations de la sensibilité à la testostérone liées au polymorphisme des répétitions CAG du gène du récepteur androgénique semblent bien moduler l'expression des symptômes de type "andropause" chez l'homme vieillissant

    Quel est le véritable risque de transmission du VIH lors de chaque rapport sexuel ?

    Les violences sexuelles concernent aussi les hommes

    Privés de sexe, les mâles consomment de l’alcool…
  • Echo des Congrès

    -
    XIVème Congrès annuel de la Société Européenne de Médecine Sexuelle

    -
    Premier congrès biennal de la Société Africaine de Médecine Sexuelle

    -
    Congrès 2012 de l’International Society For the Study of Women’s Sexual Health
  • Diapothèque

Avant Propos : Violences Sexuelles

Ce numéro 28 de notre Bulletin est en grande part consacré aux violences sexuelles, exercées de façon majoritaire, mais non exclusive, sur les femmes. Ce thème a fait l'objet de tout un symposium lors du premier congrès de l'ASSM à Dakar. On trouvera ci-dessous des compte-rendus de trois exposés de ce symposium, principalement consacrés aux violences exercées sur les femmes, et assortis d'un accès aux diapositives utilisées pour ces exposés. Y sont associés l'analyse d'un article consacré aux violences sexuelles exercées sur les hommes en temps de guerre, et aux spécificités de leurs conséquences, et un magnifique éditorial de Pierre Foldes consacré aux Mutilations Génitales Féminines.

Le numéro 29 fera de nouveau référence aux Mutilations Génitales Féminines en rapportant plusieurs exposés qui leur ont également été consacrés lors du congrès de Décembre dernier à Dakar. Ils étaient réunis en un symposium parrainé par la SFMS. Ce prochain numéro rapportera également les exposés du symposium "Du point G à l'éjaculation féminine: pleins feux sur le continent noir" organisé par la SFMS le 1er Décembre au cours du congrès de l'ESSM à Milan.

Bonne lecture

Jacques Buvat

Editorial

Nous sommes tous des exciseurs

Pierre Foldes, Saint Germain en Laye, France

Au beau milieu de notre monde soi-disant moderne, le sexe féminin est devenu l’enjeu d’un combat.

Dans ce combat est entré, presque par hasard, le dernier acteur, qui n’avait au départ à peu près rien à y faire, le médecin. Et le mode de contact fut exemplaire, bien loin d’une quelconque enquête, encore moins d’une ingérence.

Le médecin a été requis pour une catastrophe humanitaire à l’échelle mondiale, que l’on va voir en partie  secondaire aux pratiques mutilatoires.

Il s’agit des complications obstétricales et de l’état de la natalité en Afrique. L’organisation mondiale de la santé a fort justement pointé ce drame, touchant et tuant des millions de femmes et d’enfants à naître, jusqu’à multiplier par vingt les chiffres de mortalité périnatale.

En abordant le problème, le médecin a découvert l’ampleur et l’horreur.

Accouchements tuant une fois sur quatre, fistules du post-partum rendant ces jeunes mères incontinentes, donc rejetées hors du clan parce qu’impures, exclusion du village et condamnation à mort par suppression de l’accès à la subsistance commune, sentence étendues aux enfants directs.

Ces accidents ont des causes multiples, mais une des principales est certainement la séquelle directe de l’excision, qui sclérose et détruit la souplesse de la filière périnéale.

Le médecin a donc écouté, et dans ce premier dialogue singulier, il a entendu la vérité jamais dite :

L’atroce réalité de l’acte mutilatoire, ses conséquences immédiates avec le saignement, l’infection qui dure des mois, mais aussi la mort directe, bien plus fréquente que ne le prétendent les exciseuses, allant jusque huit pour cent.

Puis, et ce fut la première revendication, la douleur permanente, la cicatrice au pire des endroits, responsable de rapports sexuels à la limite du supportable pour une proportion méconnue de victimes.

Ensuite, et comme toujours masquées, les séquelles psychologiques, immenses si on se donne la peine de les explorer.

Les lobbys exciseurs présentent toujours des femmes qui ne se plaignent de rien, n’ont rien senti, et se sentent très bien comme ça.

Mais la réalité du terrain s’avère différente, ce qui peut sembler évident à notre culture occidentale, encore faut il le dire.

Là intervient le deuxième devoir du soignant de terrain : il doit témoigner, dire ce qu’il voit et constate.

De cette simple demande à découlé une idée de réparation, simple remède à la blessure dans un premier temps.

Mais ce début d’intérêt pour une pathologie créée par l’homme a bien vite suscité une réaction violente de la communauté exciseuse, avec des menaces claires puis directes contre ces femmes demandeuses, mais bien vite également contre les équipes médicales.

Après la phase Africaine, nous avons continué en France l’étude et la recherche de la prise en charge des mutilations sexuelles féminines.

Première surprise, de telles techniques réparatrices n’ont jamais été tentées. La bibliographie, marque très exacte du passé médical, révèle des centaines de références pour la chirurgie du sexe masculin, qui depuis trois siècles fait l’objet de toutes les attentions, comme si la survie de l’espèce était en jeu.

Rien de tel pour le clitoris, que personne n’a jamais pensé réparer ou  soigner en dehors de quelques cancers ou pathologies dermatologiques.

Non seulement personne ne semble s’être posé la question,  mais l’existence même de l’organe paraît nié médicalement parlant.

Nous entrons ici dans une autre symbolique, la négation moderne d’une partie de la réalité féminine.

Ici, point de tradition ancestrale, le clitoris n’existe pratiquement pas dans les références bibliographiques. Une sorte d’excision scientifique universellement reconnue.

Dans ce contexte, il a fallu reparti de zéro, comme si on inventait la chirurgie esthétique du mammouth laineux.

Très peu de références physiologiques ou anatomiques, un profond désintérêt des communautés scientifiques et des sociétés savantes.

Il fallu aller jusqu’à  démontrer qu’il pouvait y avoir problème, même auprès de praticiens a priori réceptifs comme les sexologues ou les gynécologues.

La deuxième découverte fut la réaction des femmes excisées lorsqu’elles apprirent qu’une réparation était faisable.

Si la nouvelle a pu interpeller, l’événement réel fut qu’elles purent enfin être reçues en temps que victime et dévoiler leur vécu dans un dialogue singulier qui n’avait jamais été possible.

Ce dialogue singulier, sorti du contexte Africain, a révélé brutalement l’autre versant du non-dit, la perte d’identité, l’exclusion de la condition féminine, l’immense frustration de la blessure cachée.

Ont immédiatement émergé de très fortes revendications à l’acte réparateur, dépassant de loin celle de la douleur formulée sur le terrain.

Revendication cosmétique d’abord, amplifiée par la pression des partenaires mâles, africains ou non, qui, ayant eu d’autres expériences, leur reprochent leur statut de non femme.

L’excision qui faisait d’elle, disait ils, des vraies femmes dans leur village, les prive chez nous  de ce qualificatif.

Revendication sexuelle enfin, après l’immersion culturelle dans le monde de la presse féminine et du droit à l’orgasme.

L’intensité de la souffrance révélée et l’extraordinaire espoir  d’un retour en arrière sont le véritable événement de cette histoire, où finalement la chirurgie ne tient qu’une toute petite place.

Quel immense chemin parcouru depuis la case sanglante de l’exciseuse

En fait, il ne s’est presque rien passé, mais on a enfoncé une immense porte ouverte.

Oui, l’excision fait mal, oui, c’est une mutilation, oui cela manque à la femme, oui messieurs, cet organe est vital pour la femme.

Mais le plus choquant est qu’on aie à crier ces vérités, car elles ne sont malgré tout pas encore évidentes, signe que notre époque est finalement encore très proche d’un village Soninké.

En fait, le clitoris est unique en ce qu’il est dans l’espèce humaine le seul organe exclusivement sexuel, ce que ne sont ni le vagin, ni la verge, du fait de leur participation aux fonctions reproductrices ou excrétoire.

La nature a chez la femme séparé le sexe et le genre, mais les a laissés confondus chez le mâle.

L’orgasme masculin est donc lié à l’acte reproducteur, inné, implicite, et automatique.

 Rien de tel chez la femme où la reproduction est une fonction autonome. L’orgasme féminin, en grande partie lié au clitoris est un évènement additionnel, qui peut être considéré comme un acquis de la civilisation.

Cet organe est donc tabou, pour nous même, occidentaux du 21è siècle.

Bien loin de n’être qu’un simulacre de pénis, il représente tout au contraire l’exclusif féminin, et en cela les modernes rejoignent les anciens.

 

Il est donc la cible rêvée de l’imaginaire initiatique primitif car il symbolise dans le sexe féminin la partie non directement utile pour l’homme.

Il est encore de nos jours l’objet d’un très puissant rejet et sa place reste très marginale.

Pierre Foldes, Saint Germain en Laye, France

Le mot du Secrétaire Général.

Chers membres de la SFMS et autres lecteurs,

Avant de vous laisser découvrir les textes de ce 28° numéro du Bulletin de la SFMS, j’aimerai attirer votre attention sur un point qui pourrait vous être utile.

Dr Gilbert Bou Jaoudé

Il s’agit de l’ouverture de l’accès en ligne au « Sexual Medicine Book, Sexual Dysfunctions in Men and Women » qui est la publication officielle de la 3rd International Consultation on Sexual Medicine. Cet ouvrage est une référence dans le monde de la Médecine Sexuelle pouvant être utilisé pour découvrir ou approfondir nos connaissances sur tous les aspects de la santé sexuelle, pour comparer nos pratiques aux recommandations des experts internationaux ou encore pour y trouver les références les plus récentes… L’accès à cet ouvrage se fait via le site de l’International Society for Sexual Medicine (ISSM) et vous pouvez le découvrir en cliquant sur le lien suivant : http://www.issm.info/join-now/members-only/sexual-medicine-book/

Bien évidemment, l’accès est réservé aux membres de l’ISSM ayant payé leur cotisation. Concernant les membres de la SFMS, seuls ceux qui ont payé une cotisation internationale peuvent y accéder.

Par ailleurs, je vous informe que nous enverrons prochainement une nouvelle liste des membres de la SFMS à l’ESSM (qui transmettra à l’ISSM la liste de ceux qui ont payé une cotisation internationale). En conséquence, j’invite les personnes qui souhaitent une telle cotisation à la régler sans tarder afin qu’ils puissent bénéficier de l’accès au Sexual Medicine Book en ligne mais aussi aux autres sites habituels (et en particulier celui du Journal of Sexual Medicine).

Enfin, je vous rappelle que nous avons créé plusieurs types de cotisations afin de vous permettre de choisir la formule la plus adaptée à votre situation et vos attentes :

  • la cotisation « minorée » à 50 euros seulement, si vous êtes déjà membre de l’ISSM via une autre société pour vous éviter de payer deux fois des cotisations internationales, ou si vous êtes étudiants ou dans votre première année d’exercice de la sexologie, et enfin si vous êtes retraité. Cette cotisation vous permet à prix réduit d’accéder à la totalité des textes du Bulletin de la SFMS ainsi qu’à la totalité du contenu de notre site dont la fameuse Diapothèque
  • la cotisation « francophone » à 85 euros qui permet, en plus des avantages cités ci-dessus, de devenir membre de l’ESSM et de bénéficier ainsi des avantages qui en découlent à l’exception de l’abonnement au Journal of Sexual Medicine
  • la cotisation « internationale » à 140 euros qui comprend tous les avantages des deux autres cotisations avec en plus l’accès en ligne au Journal of Sexual Medicine (ainsi que sa réception par voie postale), l’accés au site de l’ISSM et en conséquences au textes du « Sexual Medicine Book, Sexual Dysfunctions in Men and Women ».

Pour toute information complémentaire concernant les modalités d’adhésion à la SFMS ou pour toute difficulté éventuelle pour accéder aux textes des Bulletins ou de notre site Internet, je vous rappelle que vous pouvez nous écrire à bulletin@sfms.fr

Bonne lecture !

A travers la Littérature

Actualités

La FDA modifie le RCP du Finastéride du fait de ses possibles effets secondaires sexuels
Gilbert Bou Jaoudé, Lille, France
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Société

Les violences sexuelles concernent aussi les hommes
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Psychologie

La méditation "Mindfulness" face à la distraction cognitive dans les dysfonctions sexuelles féminines
Nathalie Dessaux, Rennes, France
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Nathalie Dessaux  

Santé Sexuelle Féminine

Les dilatateurs vaginaux après traitement du cancer utérin: sex toy ou contrainte embarrassante?
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Odile Buisson  

Infections Sexuellement Transmissibles

Quel est le véritable risque de transmission du VIH lors de chaque rapport sexuel ?
Gilbert Bou Jaoudé, Lille, France
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Dr Gilbert BouJaoude

Andrologie

Les variations de la sensibilité à la testostérone liées au polymorphisme des répétitions CAG du gène du récepteur androgénique semblent bien moduler l'expression des symptômes de type "andropause" chez l'homme vieillissant
Jacques Buvat, Lille, France
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Jacques Buvat  

Faits extraordinaires, humour et Médecine Sexuelle

Privés de sexe, les mâles consomment de l’alcool…
Gilbert Bou Jaoudé, Lille, France
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Echo des congrès

XIVème Congrès annuel de la Société Européenne de Médecine Sexuelle

Milan, Italie, 1-4 Décembre 2011

Session posters avec présentation orale courte HP-05 "Santé Sexuelle Masculine"
Jacques Buvat, Lille, France

Premier congrès biennal de la Société Africaine de Médecine Sexuelle

Dakar, Sénégal, 15-17 Décembre 2011

Symposium violences sexuelles et genre: compte-rendu par J Buvat

   

Congrès 2012 de l’International Society For the Study of Women’s Sexual Health (ISSWSH)

 19-22 Février, Jérusalem, Israël

State of the art Lecture 1:
Dysfonctions sexuelles post traumatiques chez l'homme et chez la femme

Odile Buisson, Saint Germain en Laye, France

Communications orales sélectionnées, session 2:
Avancées en Pharmacothérapie

Jacques Buvat, Lille, France

Vous pouvez retrouver l'ensemble des compte-rendu des congrès sur notre site, dans la rubrique Echo des congrès

   

Diapothèque

Ce mois-ci ont été ajoutées !

Cinq présentations supplémentaires faites au premier congrès de la Société Africaine de Médecine Sexuelle (Dakar, 15-17 Décembre 2011)
Une partie des diapositives est en Anglais du fait du caractère Anglophone d'une partie de l'auditoire

Retrouvez plus de 180 présentations de qualité, rédigées et présentées par des orateurs prestigieux dans différents congrès et manifestations scientifiques.
Accéder à la diapothèque...

Prochains rendez-vous SFMS

  • Lyon, Samedi 24 Novembre 2012
    Symposium, co-organisé par la Société Francophone de Médecine Sexuelle et le Groupement pour l'Etude de la Ménopause et du Vieillissement (GEMVI) sur "Vieillissement et Sexualité", au cours du 3ème congrès du GEMVI qui se tiendra les 23 et 24 Novembre 2012 à l'Espace Tête d'Or à Lyon-Villeurbanne.

    8h30 - 10h00 Table ronde 6: Sexualité et vieillissement
    En association avec la Société Francophone de Médecine Sexuelle
    Modérateurs : Jacques Buvat (Lille) et Patrice Lopes (Nantes)

    8h30 - 9h00 Sexualité et risque cardio-vasculaire chez l’homme
    Franck Paganelli (Marseille)

    9h00 - 9h30 Testostérone et cancer de la prostate : la fin d’un mythe ?
    Jacques Buvat (Lille)

    9h30 - 10h00 Troubles du désir et du plaisir chez la femme après la
    ménopause
    ·         
    Marie-Hélène Colson (Marseille)

    Programme d'ensemble du congrès sur le site du GEMVI...
  • Amsterdam, Hollande, Jeudi 6 Décembre 2012
    Symposium en Français de 9h à 16h au cours du XVème congrès de la Société Européenne de Médecine Sexuelle (ESSM).

  • Lille, France, Vendredi 22 et Samedi 23 mars 2013
    Le Préjudice Sexuel
    Congrès de la Fédération Française des Associations de Médecins Conseils Experts (FFAMCE) Organisé par l'Association des Médecins Experts en dommage corporel (AMEDOC) Flandres Artois Picardie en partenariat avec la Société Francophone de Médecine Sexuelle

    Consulter le programme ...
Amsterdam


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