eBulletin de la SFMS

Bulletin d'information - n°40
Aout 2014 - Spécial Vestibulodynie

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Comité de rédaction

Directeur de la rédaction : Gilbert Bou Jaoudé
Directeur de la publication : Alexandre Gilbert
Membres : Patrick Bouilly, Christophe Bonnin, Odile Buisson,
Nathalie Dessaux, Pierre Desvaux, Marc Galiano, Armand Lequeux

Editorial

Chers membres de la SFMS et autres lecteurs, .

Ce 40ème numéro du Bulletin de la SFMS est consacré pour son essentiel à un thème précis : la vestibulodynie.

Ce syndrome, dont la dénomination a évolué pour devenir actuellement
 « la vestibulodynie provoquée », occupe une place particulière en Médecine Sexuelle. En effet, il est fréquemment non diagnostiqué ou mal identifié par les médecins, y compris des gynécologues et des sexologues. En conséquence, et malgré son impact particulièrement délétère sur la qualité de vie sexuelle, il n’est pris en charge par les spécialistes qui s’y intéressent qu’après de trop nombreux mois ou années d’évolution, ce qui rend cette prise en charge longue et complexe.

De plus, la multiplicité des hypothèses étiologiques contribue à la complexité de cette prise en charge qui nécessite alors d’agir, de façon concomitante ou successive, sur différents aspects allant de la neuropathologie à ceux psycho-relationnels.

Mais qu’en savons-nous objectivement de ce syndrome, de son origine, de son évolution naturelle ? Avons-nous une évaluation des différentes méthodes thérapeutiques utilisées ? Lesquelles choisir ? C’est à ces questions que ce numéro tentera de répondre. Pour ce faire, nous avons regroupé pour vous les analyses d’articles les plus pertinentes qui sont parues dans les précédents numéros du Bulletin de la SFMS. Ces analyses, parues à plusieurs mois d’intervalles les unes des autres prennent un autre sens lorsqu’elles sont classées dans un même numéro. Comme vous pourrez le constater, ce regroupement d’analyse nous donnent une idée assez précise sur nos connaissances les plus récentes concernant la vestibulodynie provoquée et vous donnera, nous l’espérons, des pistes de réflexion pour parfaire notre prise en charge actuelle et future.

En réalité, le Comité de rédaction du Bulletin de la SFMS a décidé de profiter désormais de la richesse du contenu scientifique de notre site Internet pour vous proposer, une ou deux fois par an, des numéros spéciaux qui seront ainsi consacrés à un thème précis, en regroupant les meilleurs des textes parus qui s’y consacrent. Ces numéros spéciaux ne remplacent pas, bien évidemment, les numéros habituels d’actualité scientifique que vous continuerez à recevoir régulièrement.

Enfin, si ce numéro est essentiellement consacré à la vestibulodynie, il ne l’est pas de façon exclusive. Vous pourrez en particulier y retrouver le Billet d’Humeur d’Armand Lequeux ou encore un nouvel épisode de l’histoire de la sexologie, sans oublier la diapothèque qui s’enrichit régulièrement.

Bonne lecture !

Billet d'humeur

Touche pas à mon hymen, fais gaffe à mon prépuce !

Un billet d’humeur n’est-il pas l’endroit idéal pour poser des questions impertinentes et politiquement incorrectes ? Je parle bien des questions…les réponses vous appartiennent. Voici donc le pavé du jour : L’hyménoplastie et la circoncision sont-elles des interventions comme les autres ?

Comme vous le savez, l’hyménoplastie reconstitue avec soin une ‘’barrière’’ cutanéo-muqueuse à l’entrée du vagin afin de créer une pseudo virginité capable, la nuit des noces, de leurrer le plus futé des maris et de rendre son honneur perdu à la plus délurée des épousées. C’est un sujet sensible car, dans les pays occidentaux, il ne concerne pratiquement que les communautés issues de l’immigration et on connaît aussi bien les susceptibilités qui s’y développent que la stigmatisation dont elles sont si souvent victimes.

Choc des cultures, conflit des valeurs ! D’une part, notre héritage ‘’humaniste’’ occidental rejette violemment ce qui nous apparaît comme une réification de la femme. Celle-ci n’aurait donc de valeur que dûment ‘’cachetée’’ par la preuve tangible qu’elle est une acquisition de première main sur le marché du mariage où l’homme, par contre, acquiert de la valeur par son expérience sexuelle antérieure ? Nous y voyons une intolérable manifestation de l’archaïque domination masculine, doublée de l’hypocrisie de tous les intervenants et d’un juteux marché pour les cliniques spécialisées dont les enseignes clignotent sur l’Internet ! C’est bien l’opinion du Conseil National des Gynécologues Français qui demande depuis 2006 aux praticiens de l’Hexagone de refuser radicalement les hyménoplasties et d’inciter plutôt les femmes à s’opposer à ces traditions machistes. C’est aussi le combat d’un groupe parlementaire belge qui se déclare en 2009 opposé au remboursement par la sécurité sociale de ces pratiques médiévales qui, selon notre droit, sont totalement illégales.

D’autre part, ne convient-il pas de nous décentrer par rapport à cet universalisme bienveillant que nous croyons bon d’exporter partout avec zèle au mépris des valeurs développées par d’autres cultures ? La fidélité, l’honneur, la déférence envers les traditions, la pudeur et la solidarité familiale sont-elles des notions moins valables que l’autonomie, la liberté individuelle ou la jouissance immédiate qui ne créent pas que du bonheur dans notre société dite post-moderne ? Le docteur Marleen Temmerman, professeur de gynécologie à Gand, en Belgique, adopte ce relativisme culturel quand elle dit dans une interview publiée dans le Journal du Médecin en 2012 : « Nous devons aider ces femmes, elles ont grandi ici, elles sont souvent aussi libres que les filles de leur âge avec leurs petits amis, mais elles sont censées être vierges quand elles se marient. Je suis bien consciente qu’en les aidant nous contribuons à entretenir le mythe. Mais en même temps, comme médecin, nous devons répondre à un besoin sanitaire exprimé par une femme à titre individuel. Je considère par conséquent l’hyménoplastie comme un acte médical de prévention… » .

Comment donner sens à des opinions aussi divergentes ? Peut-être faut-il justement les confronter, les mettre en débat et cesser de faire comme si la question ne se pose pas tout simplement parce qu’on ne veut pas faire de vague et qu’on a peur d’être éclaboussé. Je pense à la circoncision masculine rituelle, juive ou musulmane, qui provoque de houleux débats en Amérique du Nord, mais qui semble ne pas poser problème en nos contrées européennes. Certain pourrais pourtant y voir une mutilation sexuelle sur mineurs pratiquée régulièrement dans nos hôpitaux avec remboursement par la sécurité sociale ! C’est une modification irréversible de l’intégrité physique sans raison médicale qui ne trouverait sa justification devant aucun tribunal européen, pour autant qu’il ose accepter d’en débattre…

Comme l’hyménoplastie on peut regarder la circoncision masculine par ses deux pôles. D'une part, on peut y voir une véritable mutilation génitale sur mineur incompatible avec la liberté et le respect de l’intégrité du sujet. De plus, cette pratique est en flagrante contradiction avec le principe de l’égalité des sexes puisque seuls les garçons en bénéficient… ou la subissent. D'autre part, on peut voir là un rite sacré, chargé de sens pour des religions respectables qui l’interprètent comme un signe d’alliance avec leur dieu et d’appartenance à leur communauté. Il inscrit dans la chair la limite, le ‘’tout n’est pas possible’’ qui fait si cruellement défaut dans notre société…

L’argument de l’OMS qui justifie la circoncision par la réduction de la transmission du VIH est vue par certains comme une justification pertinente et par d’autres comme une proposition aussi insensée que le serait une campagne de thyroïdectomie préventive des populations voisines des centrales nucléaires !

Alors ? Faut-il ne pas y réfléchir, ne surtout rien changer ? Proposer de remplacer le ‘’marquage corporel’’ par des gestes symboliques ? Préférer l’esprit à la lettre, ne serait-ce pas travailler à l’humanisation de notre monde ? Le débat reste ouvert, évidemment.

Pr Armand Lequeux, Université de Louvain, Belgique.


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A travers la littérature

Santé Sexuelle Féminine - Vestibulodynie

La vestibulodynie provoquée et son évolution spontanée
Analyse par Armand Lequeux, Université de Louvain, Belgique.
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Les vulvodynies: conduite à tenir en 2012                                   
Clarence de Belilovsky, Paris, France
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Quelle relation entre Vulvodynie et Cystite Interstitielle ?
Analyse par le Dr Pierre Desvaux, Paris, France
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Mystères dans le vestibule…
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Quels résultats à log terme escompter du traitement des vestibulodynies provoquées ?
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Vestibulodynie provoquée: de nouvelles pistes incitent à intégrer le partenaire à la prise en charge
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Dr Sandrine Atallah

Histoire de la Sexologie

Introduction

« Si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sauras pas où aller »

Nous sommes tous passionnés par le domaine de la sexologie et de la médecine sexuelle. Nous l’exerçons au quotidien et nous cherchons constamment à l’améliorer. Mais savons-nous vraiment comment ce domaine est né et comment a-t-il pris forme pour devenir notre spécialité ?

Nous aurions pu demander à des historiens des sciences humaines de nous rapporter les réponses. Mais nous avons préféré demander à celles et ceux qui en ont posé les premières pierres ou qui ont simplement assisté à sa construction, de nous narrer leur histoire. Et à travers leurs histoires, nous laisser entrevoir, l’histoire de la sexologie, notre histoire...


Histoire d’un plombier devenu psychiatre - Episode 2
de Ronald Virag, Paris, France
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Diapothèque

Retrouvez plus de 220 présentations de qualité, rédigées et présentées par des orateurs prestigieux dans différents congrès et manifestations scientifiques.
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Revue de livre

Est-ce aimer que ne pas aimer toujours ?

Jusqu'où nous réjouir du bonheur de l'autre ?

 Comment rester amants quand on devient parents ?

 La circoncision est-elle une mutilation génitale et que penser de la chirurgie d'allongement de verge, alors qu'on découvre enfin la véritable anatomie du clitoris ?

 Quel avenir pour le féminisme quand la dictature du look est plus sévère que jamais ?

 La phobie de l'engagement est-elle contagieuse et sexuellement transmissible ?

 Quelles mutations sociétales se profilent derrière l'homoparentalité, la mère machine et le polyamour ?

Voici, parmi bien d'autres, les questions auxquelles cet ouvrage nous confronte. Il n'a pas la prétention d'y répondre de manière exhaustive, mais bien de les aborder de biais.

 Il se propose de boiter en dansant autour de nos amours qui se cherchent et de notre sexualité qui n'est jamais qu'un bricolage provisoire puisqu'elle nous est décidément livrée sans mode d'emploi. Le vivre ensemble, le couple et la famille engagent des chercheurs et d'audacieux explorateurs. Ce livre est une invitation à découvrir avec eux les inédits défis qui les attendent.

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