eBulletin de la SFMS

  Bulletin d'information - n°47
  Décembre 2017

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Comité de Transition

Ronald Virag, Béatrice Cuzin, Eric Huyghe, Carol Burte

  Editorial

Chers membres de la SFMS, chers lecteurs,

Je voudrais partager avec vous dans ce dernier éditorial de l’année les propos que j’ai essayé de relever dans la presse qui peuvent servir de fil conducteur à la réflexion que doivent avoir à mon avis les sociétés de Médecine Sexuelle et particulièrement la SFMS sur le sujet du harcèlement sexuel.

 

Pour commencer par une définition, le point fondamental semble la forme d’agression qu’il constitue, soit parce qu’il est répété, soit parce qu’on passe à l’acte par un geste : on entre par la force dans la sphère privée de l’autre ( Me Isabelle Ayache Revah).

L’auteur rappelle également que même s’ils sont minoritaires - 7% selon un sondage Elabe pour BFMTV réalisé en 2016 - les hommes peuvent aussi observer des comportements déviants à leur encontre. Elle souligne également qu’il faut différentier séduction, humour du délit en entreprise.

Un premier point important est effectivement d’éviter l’amalgame dans ce sujet.

Pour Sophie Cahen, attachée parlementaire, l es violences sexuelles faites aux femmes, constituent effectivement le premier étage d’une fusée, le second étage, lui, est autrement plus terrifiant.

124 000 filles et 30 000 garçons victimes chaque année En France, les études de victimisation (notamment l’enquête Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte , conduite en 2015 auprès de 1 200 victimes de violences sexuelles par l’association Mémoire traumatique et victimologie avec le soutien de l’Unicef France) montrent que 59 % des femmes et 67 % des hommes victimes de viols et de tentatives de viols sont mineurs. Soit 124 000 filles et 30 000 garçons chaque année, dont 51 % avant l’âge de 11 ans, 23 % avant 6 ans. Moins de 20 % déclarent avoir été reconnus comme victimes et protégés, et 30 % en cas de plainte. 94 % de ces violences sont commises par des proches et 54 % par des membres de la famille.

Ce deuxième point souligne au travers des données épidémiologiques indiscutables, qu’il ne faut pas oublier certaines victimes.

Enfin, auteur de l’Empathie au cœur du jeu social (Albin Michel), Serge Tisseron, psychiatre prône une «révolution éducative» pour mettre fin au harcèlement sexuel et analyse le mouvement mondial de dénonciation du harcèlement, comme crée par un décalage devenu trop grand pour les femmes : D’un côté, on leur reconnaît une place à part entière dans l’économie, la politique, des postes à responsabilités ; et de l’autre, elles continuent à subir des stéréotypes machistes. Malgré leur rang social, malgré leurs efforts, on les traite encore de soubrettes ou de prostituées. Ce fossé entre ce que les femmes perçoivent d’elles et ce que les hommes leur renvoient comme image est devenu insupportable.»

Ce troisième point concernant l’éducation mérite notre total soutien.

En effet, le mouvement de lutte contre le harcèlement sexuel, ayant créé des débats à l’échelle planétaire chacun d’entre nous peut y prendre part, en tant que citoyen, mais en tant que professionnels en Santé et Médecine Sexuelle, nous devons défendre notre rôle légitime dans les programmes éducatifs en étant des acteurs incontournables auprès des pouvoirs publics.

Bonnes fêtes de fin d’année, nous comptons sur vous en 2018

Béatrice Cuzin

  Billet d'humeur

A quoi sert la médecine sexuelle ?

On peut se demander ce qu’elle est et donc à quoi elle sert. Sans doute aurait-on pu mieux la nommer : médecine des troubles sexuels plutôt. En effet, tout n’est pas justiciable de la maladie dans la sexualité et les thérapeutes que nous sommes ou prétendons être doivent être des soignants et non des parlants du sexe (étymologie de sexologue). Or, en dépit des recommandations de nos sociétés savantes, et sans doute même à cause de certaines, on s’aperçoit quotidiennement que la demande de soins n’est pas ou mal satisfaite par les médecins y compris parmi ceux qui revendiquent une spécialisation en sexologie. Le florilège de récentes consultations précisera ma pensée pour ne pas dire ma révolte.

Le couple L. respectivement lui 64 ans, elle 59 ans viennent consulter, disent-ils en « désespoir de cause », « comme une dernière chance » ajoute Madame. DE totale mais « câlins fréquents ». Frustration de ne pas aller plus loin. Monsieur additionne les facteurs de risque vasculaire. Le généraliste prescrit des inhibiteurs des PDE5 : inefficaces. Un urologue consulté prescrit Vytraros : sans effet. Consulté à nouveau, il conclut d’un définitif « Je ne peux rien pour vous ». Examens néant.

Jean L, 52 ans n’est plus revenu consulter depuis cinq ans. On le traitait pour déficit androgénique et petite DE vasculaire. Pourquoi ? J’ai eu un cancer du sigmoïde avec un anus artificiel pendant plusieurs mois. Le chirurgien m’a dit qu’il m’avait coupé les nerfs : plus d’érection. La testostérone arrêtée… on ne sait jamais. Bref le désert et l’épouse qui est « allée voir ailleurs »… Assistance psychologique ? nulle ; dimension sexuelle de l’intervention ? effleurée sans proposition thérapeutique. Désarroi total

Yves M. 32 ans, difficultés érectiles dès les premières tentatives sexuelles à l’âge de 18 ans. Succession d’échecs et de rupture parce que « je n’assure pas »….Les érections ne tiennent pas. Multiples consultations : généraliste, psy, sexologues, urologues. Inhibiteurs des PDE5 inefficaces. « Personne ne m’a jamais examiné, ne m’a même regardé la verge, et la même ritournelle… « C’est dans la tête… c’est une amie qui m’a donné votre nom » J’ai vu les ordonnances les différentes consultations. Aucun examen d’aucune sorte : pas une évocation d’un possible trouble organique. Un test d’érection avec échographie ; puis un cavernoscanner et une intervention lui ont permis de se sentir opérationnel pour une vie future à l’âge de 32 ans…

Je pourrais multiplier les exemples sans être exhaustif mais les deux dernières je vous les livre brut de décoffrage : elle concerne un autre jeune patient affecté de troubles primaires qui le rendent incapable d’avoir une érection. Une psychiatre nous écrit à son sujet : « Prise en charge extrêmement délicate car le sujet ne sait pas ce qu’est une érection (sic)… » ; et pour finir à une réunion sur le priapisme drépanocytaire et la sexualité des adolescents malades ; cette pédiatre qui indique sur un mode un peu agressif qu’elle ne se sentait pas « parler d’érection à un ado ».

Je relisais récemment des interviews données ou des articles écrits il ya plus de vingt cinq ans et je constate le même mépris, que je dénonçais alors, d’une véritable médecine sexuelle par la plupart des intervenants : généralistes, comme spécialistes les uns réfugiés derrière la prescription d’un IPDE5 ; les autres encore imprégnés du tout psychogène qui régnait au moment de l’arrivée de la papavérine. Alors, à quoi servent les recommandations, à quoi servent nos différents DU et autres ? Le dosage de la testostérone totale ne fait toujours pas partie de l’examen de base d’un sujet qui se plaint de troubles sexuels ; ne parlons pas du test d’érection provoquée avec échographie et encore moins de l’évaluation neurologique. En cas d’échec des iPDE5 les patients sont en déshérence, souvent en proie au désespoir. Heureusement qu’il y a Internet pour leur parler mini injections, chirurgie vasculaire ou Implants sinon … Les généralistes ont des excuses : peu de temps et des honoraires inadaptés ; les spécialistes hors andrologie et sexologie un peu moins car la littérature abonde de données sur les liens avec les diverses pathologies qu’ils traitent, en particulier diabétologues et endocrinologues. Pour ce qui concernent ceux qui nous sont les plus proches, c’est proche de la non assistance à personnes en danger quand la prise en charge est si éloignée du discours officiel. En dehors de quelques uns, la prise en charge des troubles sexuels ne constitue qu’un complément d’activités autres. A quand des services structurés dédiés dans le public comme dans le privé pour répondre à une demande sans cesse croissante ?

Je vois de nombreux organes de formation, de nombreux congrès, des diplômes et tant de patients peu ou mal pris en charge ? Quand je le mentionne lors de réunions médicale, j’ajoute pour ne vexer personne, sans doute ne voyons nous pas le même type de patients…Sourires

Alors à quoi sert cette médecine sexuelle et les sexologues qui l’entourent pour mieux l’étouffer ?

A pas grand-chose si elle n’opère pas un grand chambardement : se séparer définitivement de ce qui est plus sociologique que médical. Soigner, traiter et aujourd’hui prévenir avec des tests bien ciblés et qui existent mais sont négligés voir méprisés. L’adosser à une recherche clinique pratiquement inexistante pour ne pas être à la remorque des Etats Unis et de la Chine. Rappelons que ce sont principalement des chirurgiens (et quelques médecins) qui ont révolutionné le traitement de ce que Zwang appelle si joliment les peines sexuelles. Soyons en les dignes continuateurs

Aujourd’hui, grâce à ou à cause d’Internet ce sont les patients qui ont le pouvoir. Ils ne se contentent plus d’une prescription évacuatrice de la contrainte ; ils veulent un diagnostic précis, un programme de traitement, une véritable prise en charge. Ils nous notent… on ne peut plus se débarrasser de leurs problèmes à la va vite. Nous avons une obligation de résultats.

Ronald Virag, Paris, France
Membre titulaire de l’Académie Nationale de Chirurgie

Articles Originaux

La femme adulte et son sexe, une entente pas toujours cordiale
Texte de Gérard Zwang, Saint Clément de rivière, France

On pourrait affirmer que, établie sa vie sexuelle adulte, la femme
« normalement épanouie », pourvue d’un caractère « normalement assuré », comme d’un compagnon affectueux et attentif, assume sans souci majeur l’aspect et les fonctions de son sexe. La bonne entente est en général établie au cours de la troisième décennie. Il semble qu’il n’en aille pas de même chez un certain nombre d’inquiètes pour qui cet aspect et ces fonctions posent problème...

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  A travers la littérature

Psychologie

Pourquoi si peu de recherches fondamentales ? L'influence des facteurs sociaux et humains dans la recherche sexologique
Par Serge Wunsch, Bordeaux, France
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Dysfonction érectile

Maladie de Parkinson : La Dysfonction Erectile comme porte d'entrée ?
Par Carol Burte, Cannes, France
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Andrologie

A propos du traitement de la maladie de Lapeyronie par la Collagénase Clostridium Histolyticum (CCH) (Xiapex°) et de ses risques
Par Ronald Virag et Hélène Sussman, CETI, Paris, France
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L’indication traitement du Priapisme de bas débit enfin reconnue à l’Etiléfrine
Nous utilisons depuis bientôt trente ans dans le traitement du priapisme drépanocytaire aigu et subaigu mais aussi dans le traitement des érections prolongées après injection intracaverneuse diagnostique ou thérapeutique. Le laboratoire Serb qui a repris la version injectable de la molécule en 2002 afin d’assurer le maintien de sa disponibilité ,   a confié pour les membres de la SFMS, le dossier ci-joint qui a permis cette reconnaissance par l’HAS, en attendant, pour bientôt espérons le, le remboursement
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Société

Ce que Google nous apprend sur la sexualité

Le big Data fait partie de cette révolution scientifique qui va modifier nos métiers et peut-être nos comportements. Seth-Stephens Davidovits, bardé de diplômes d’Harvard et ancien de chez Google nous montre dans son livre...
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Hommage

Un hommage au Pr Jouvet, le découvreur du sommeil paradoxal ». Il nous intéresse par la concomitance des érections nocturnes ; Les plus anciens se souviennent  sans doute de la pléthysmographie des érections nocturnes qui fut un outil très utile dans notre compréhension des troubles de l’érection 
Par Serge Stoléru, France
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