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L'orgasme vaginal, par le Dr Odile Buisson

Commentaires des lecteurs - L'orgasme vaginal, par le Dr Odile Buisson

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Le Dr Odile Buisson, célèbre gynécologue et échographiste, membre du Board des Directors de l'ISSWSH et du conseil d'administration de la SFMS, portait les couleurs de la France à La Nouvelle Orléans où elle avait été invitée à présenter les résultats de ses derniers travaux sur l'orgasme, et particulièrement ceux de nouvelles évaluations échographiques des structures impliquées dans les stimulations sexuelles clitoridienne et vaginale.


Commentaire de Juliette Buffat, Genève, Suisse

J’ai lu attentivement votre intéressant résumé de présentation de notre consoeur Odile Buisson sur la controverse entre clitoridiennes et vaginales appuyé sur l’échographie des orgasmes clitoridiens et du point G, mais a-t-elle pensé à expérimenter des femmes qui ont des orgasmes vaginaux qui partent de la stimulation du col de l’utérus et non du point G ?

Je m’étonne qu’on se focalise autant de nos jours sur le point G - qui semble être la partie interne et vaginale du nouvel organe clitoridien - et qu’on omette l’existence d’une jouissance vaginale qui aurait pour point de départ la stimulation du col de l’utérus, connu pour être une zone richement innervée et très sensible au toucher (les gynécologues qui font régulièrement des frottis de cette zone et qui posent des stérilets sont bien placés pour le savoir car certaines femmes perdent même connaissance sous l’effet du choc vagal déclenché par une stimulation excessive du col utérin !). Je pense donc que beaucoup de femmes “vaginales” bénéficient de la stimulation répétée et de l’appui profond du pénis sur leur col qui déclenche un orgasme. Je suppose de même que les femmes qui parviennent à la jouissance lors d’une pénétration anale ont une réponse au niveau du col et non du point G...

Ce serait intéressant d’avoir une discussion à ce sujet entre collègues sexologues !

Dr Juliette Buffat, Genève, Suisse

Réponse du Dr Odile Buisson

Chère Consoeur,

Merci pour vos remarques intéressantes. En effet il existe plusieurs types de stimulations génitales susceptibles de déclencher l’orgasme.  L’orgasme dit vaginal est un orgasme obtenu par pénétration sans stimulation concomitante du clitoris externe cependant le vagin n’est pas un organe uniforme. Comme le souligne Helen O’ Connell les  parties distale et proximale du vagin sont différentes car elles relèvent d’une origine embryologique différente, le sinus urogénital et les canaux de Müller.

A priori, concernant la stimulation proximale du vagin, il n’existe pas une grande ambigüité anatomique. Lors des mouvements coïtaux, le col utérin est stimulé de façon intense, répétitive. Le nerf hypogastrique et le nerf pelvien sont les voies de routage. Très récemment Komisaruk, bien que son étude soit le sujet de vives polémiques a tenté de localiser le cortex neuro-sensoriel de la stimulation cervicale. Il l’a situé dans le cortex lobulaire paracentral.

En ce qui concerne la partie vaginale distale, l’ambigüité anatomique est plus importante car quels sont les organes stimulés lors d’une pénétration ?  Le vagin ? L’urètre ? Les glandes de Skène ? Les corps caverneux ? Les bulbes ? Le point G ? Mais quelle structure anatomique correspond au point G ?  Par ailleurs si on sait que le complexe clitoro-urétro-vaginal est innervé par le nerf pudendal, on ne sait rien de l’innervation des bulbes clitoridiens et la fonction de l’urètre est encore mal élucidée. Pour toutes ces raisons, la fonction de la partie distale du vagin  est intéressante à étudier en échographie dynamique lors d’une pénétration.

Quant à la stimulation anale il n’est pas techniquement très compliqué d’échographier une sodomie, le plus difficile étant de convaincre un comité bioéthique du « bien fondé » ( sans mauvais jeu de mot) de l’ étude…


Commentaire d'Armand Lequeux

Bonjour, chers amies et amis de la SFMS

Je ne peux m'empêcher de m'étonner à chaque fois qu'apparaît le bout du nez de ce monstre du Loch Ness : Mais d'où peut-il bien venir ce mystérieux orgasme féminin ? Il me paraît évident qu'il y a des organes effecteurs privilégiés ( jusqu'à nouvelle information, le clitoris ne sert qu'à ça et avec le vagin ça fonctionne pas mal non plus...), mais l'orgasme ça se passe là haut, dans le SNC, non ?

Quel serait donc l'organe responsable des orgasmes qui surviennent pendant le sommeil, au cours d'une transe ou d'une émotion esthétique ou religieuse ( Thérèse d'Avila connaissait...), à l'occasion d'une crise épileptique, au décours d'une stimulation neuro-chirurgicale, sous l'influence d'une drogue ou d'un médicament (cfr. SSRI) ??? 

Par ailleurs, les orgasmes par stimulation buccale, anale ou mamelonnaire ne sont pas des légendes. Allons-nous décrire le quatrième, puis le cinquième orgasme féminin, etc. ?

N'est-il pas plus raisonnable de croire que les humains, masculins et féminins, sont capables d'investir érotiquement, affectivement et émotionnellement, n'importe quelle partie de leur corps et de leur imaginaire, comme ils sont capables d'érotiser la douleur ou une paire de chaussures vertes à talons aiguilles ?  Et cette érotisation peut conduire, dans certains cas, à l'orgasme sans passer par les circuits habituels qui partent des organes génitaux.
 
Ceci n'enlève rien à l'intérêt des études spécifiques de ces circuits privilégiés, mais cette nomenclature obsessionnelle des orgasmes féminins ressemble parfois à une collection entomologique dont je ne perçois pas bien le sens.

Qu'en pensez-vous ?

Armand Lequeux


Commentaire du Dr Jacques Buvat, Lille, France

Vous avez tout à fait raison Mr Lequeux, et c'était d'ailleurs la conclusion du symposium sur l'orgasme que nous avions organisé pour la SFMS lors du congrès de l'ESSM à Milan, et auquel nos confrères et consoeur Stuart Brodie, Patrice Cudicio et Marie Hélène Colson avaient participé.  

Et puisque nous en sommes à gloser sur les multiples aspects de l'orgasme féminin, tandis qu'il est toujours bon de  rappeler que dans l'espèce humaine les facteurs psychologiques et sociaux, au sens large du terme, ont un rôle prépondérant dans la plupart des  composantes de la fonction sexuelle dont plus particulièrement  l'orgasme, elles n'expliquent tout de même pas tout et il persiste chez l'homme (et même chez la femme!) des rémanences importantes de notre "animalité". Par ailleurs l'approche psychologique ne suffit pas pour tout corriger et par exemple les femmes paraplégiques ne parviennent pas toutes à retrouver l'orgasme en investissant une autre zone sensorielle, comme bien des femmes excisées restent anorgasmiques en dépit des aides psychologiques qui leur sont (malheureusement trop rarement) apportés à l'âge adulte (et même si bien sûr leur problème sexuel ne résulte pas dans tous les cas à la perte physique du clitoris) ...

Et puis beaucoup de femmes nous décrivent de façon convaincante les différences des sensations qu'elles éprouvent lors des orgasmes induits par la stimulation de leur clitoris et lors de ceux induits par la pénétration. Elles le décrivent aussi à leurs confidentes, dont certaines viennent ensuite nous demander de façon parfois désespérée comment obtenir le second  qui leur manque tant. Je ne suis jamais parvenu à faire croire à une femme qu'il s'agissait du même phénomène, obtenu par deux modalités différentes de friction, même celles-ci pouvaient être vécues dans une tonalité émotionnelle différente.

Comme vous le suggérez, quel que soit le nom qu'on donne à l'orgasme, tenter d'identifier les voies physiologiques qui le sous-tendent , et rechercher des moyens physiques ou pharmacologiques à même de le faciliter sont des démarches certainement utiles. Gageons qu'elles contribueront bientôt  à aider efficacement certaines femmes anorgasmiques à atteindre la plénitude à laquelle elles aspirent, en potentialisant les effets de la TCC et de la fameuse méditation "mindfullness", reviviscence de notre bonne vieille relaxation!

En conclusion un peu de recherche et de science n'a jamais fait de tort!

Jacques Buvat


Commentaire de Patrice Cudicio

Il me semble difficile d'affirmer qu'il existe un orgasme par stimulation du col de l'utérus, ne serait-ce qu'il existe le plus souvent en phase pré-orgasmique une ballonisation du vagin rendant le contact avec le col difficile à moins que l'homme soit très bien "équipé".

Comme le l'ai évoqué dans mon article "Le troisième orgasme Féminin a-t-il une origine urétrale ?" publié dans le numéro 27 du bulletin électronique de la SFMS, je pense que c'est plutôt l'urètre postérieure qui permet d'initier le processus orgasmique après érotisation , c'est à dire d après "investissement émotionnel et affectif" du vagin. On retrouve ce même type d'orgasme chez les homosexuels masculins qui pratiquent la sodomisation.

 Ce n'est pas non plus par hasard, qu'il existe certaines pratiques d'insertion  d' instruments dans l'urètre. L'orgasme vaginal profond n'est pas lié à un mécanisme uniquement physique ou biologique, mais il fait intervenir des processus psychiques qui peuvent être très différents d'une femme à l'autre, ce qui leur rend analyse difficile.

Bien sûr ce ne sont qu'hypothèses suggérées par mon expérience clinique.

Bien Amicalement.

Dr Patrice Cudicio


Commentaire du Pr Frédérique Courtois, Montréal, Canada

Merci pour ces riches échanges qui trouvent un écho dans la prise en charge des patientes et patients avec lésion médullaire (LM). Comme Jacques Buvat, j’appuie les propos d’Armand Lequeux à l’effet que l’humain peut investir et érotiser pratiquement toutes les parties du corps et l’imaginaire, mais comme lui, je dirais que dans la pratique clinique en réadaptation, il est difficile pour des femmes paraplégiques (ou même des hommes) d’investir des parties du corps autres que les organes génitaux pour obtenir un orgasme. Les travaux de nos collègues américains Marcalee Sipski, Beverly Whipple et Barry Komisaruk (pour ne nommer que les plus connus) appuient l’idée que les femmes LM peuvent obtenir des orgasmes malgré leur lésion par stimulation du clitoris ou par stimulation du col utérin. De même en clinique de réadaptation, et conformément aux échanges d’Odile Buisson et Juliette Buvat, on peut apprendre aux femmes LM à investir différentes zones génitales pour obtenir des orgasmes. Les femmes atteintes de lésions basses qui entravent la sensation du clitoris (Nerf pudendal, Nerf pelvien endommagés par des lésions du cône médullaire ou de la queue de cheval), mais qui préservent une innervation du col utérin (Nerf hypogastrique) décrivent souvent des orgasmes par stimulation du col lors de la pénétration profonde, alors qu’elles ont perdu l’orgasme clitoridien.

J’ajoute nos travaux chez l’homme LM qui montrent que l’éjaculation peut être obtenue par stimulation parfois génitale, parfois psychogène selon le niveau de lésion, mais que la perception de l’orgasme est généralement associée à une éjaculation par stimulation génitale (souvent par vibromassage), alors que l’éjaculation psychogène (typique des lésions basses) est souvent décrite comme asthénique et anorgasmique (souvent même franchement anhédonique et perçue comme une sorte d’incontinence).

Nos travaux ajoutent une composante, souvent oubliée mais qui semble néanmoins nécessaire à la perception d’orgasme : l’hyperactivité autonome qui accompagne l’éjaculation chez l’homme et l’orgasme chez la femme. La simple pulsation du pénis au moment de l’éjaculation chez des hommes paraplégiques qui ne vivent pas d’hyperactivité autonome concomitante (ex lésions T7-T10) n’est pas décrite comme orgasmique et est souvent qualifiée de décevante parce que non paroxystique. De même, les éjaculations baveuses vécues par les hommes paraplégiques aux lésions basses (cône médullaire ou queue de cheval) sont décrites comme anorgasmiques et très décevantes. À l’inverse, les hommes tétraplégiques qui obtiennent des éjaculations avec hyperactivité autonome les décrivent comme orgasmiques et paroxystiques (parfois même douloureuses lorsque l’hyperréflexie est trop sévère).

La réadaptation et ses lésions variées autant chez l’homme que la femme enrichit et s’enrichit ainsi des travaux sur l’orgasme.

Bien amicalement,

Pr Frédérique Courtois, Montréal, Canada


International Society for the Study of Women’s Sexual Health

28 Février – 3 Mars, New Orleans, Louisiane, USA

L'orgasme vaginal, par le Dr Odile Buisson

Le Dr Odile Buisson, célèbre gynécologue et échographiste, membre du Board des Directors de l'ISSWSH et du conseil d'administration de la SFMS, portait les couleurs de la France à La Nouvelle Orléans où elle avait été invitée à présenter les résultats de ses derniers travaux sur l'orgasme, et particulièrement ceux de nouvelles évaluations échographiques des structures impliquées dans les stimulations sexuelles clitoridienne et vaginale.

Après avoir rappelé la définition proposée pour l'orgasme par Cindy Meston (une sensation transitoire de plaisir intense, d'intensité variable, à l'origine d'une altération de l'état de conscience, habituellement accompagnée de contractions rythmiques involontaires de la musculature striée pelvienne péri-vaginale, avec des contractions utérines et anales concomitantes, ainsi qu'une myotonie, qui interrompent la congestion vasculaire induite par l'excitation sexuelle, et induisent habituellement un état de bien être et de satisfaction), le Dr Buisson a revu la littérature récente concernant l'orgasme et ses controverses. Existe-t-il un seul orgasme déclenché par la stimulations de diverses zones, ou plusieurs? Faut-il toujours opposer orgasmes clitoridien et vaginal, le second obtenu par pénétration vaginale sans stimulation simultanée de la partie extériorisée du clitoris, et de tonalité différente selon les femmes qui l'éprouvent? Que penser des arguments de ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de pénétration vaginale sans stimulation du clitoris externe, ou de sa composante interne, bien plus développée, eu égard à la contigüité des deux organes?

Qu'en est-il par ailleurs de la prétendue supériorité de l'orgasme vaginal sur l'orgasme clitoridien, que tant d'auteurs hommes ont soutenue, de Freud à Brodie? Les femmes orgasmiques vaginales sont-elles réellement moins immatures, plus équilibrées psychologiquement, d'aspect plus féminin, en meilleure santé, moins exposées au cancer du sein? Notre représentante au board de l'ISSWSH, féministe résolue, n'en semblait pas convaincue, même si elle a cité chacune des études correspondantes, mais aussi souligné que des biais méthodologiques limitaient leurs conclusions.

Le Dr Buisson a particulièrement insisté sur la publication récente de Komisaruk et coll, basée sur l'imagerie en résonnance magnétique fonctionnelle du cerveau. Ces auteurs ont étudié les effets de deux types d'autostimulation sexuelle, l'une appliquée sur la partie externe du clitoris, et l'autre au niveau de la partie inférieure du vagin. Chaque type de stimulation semblait activer une région séparée du cortex sensitif situé au niveau du lobule médian para central, soit un argument en faveur de l'existence d'une réceptivité sensorielle propre de la paroi vaginale, indépendante de celle du clitoris qui jouxte cette paroi vaginale, et donc un point en faveur de la réalité d'un orgasme vaginal indépendant: nous étions parvenus au thème de prédilection des recherches du Dr Buisson, qui a appliqué depuis plusieurs années une méthodologie basée sur l'utilisation de l'échographie et du Doppler à l'étude des mystères du complexe clitoridien et de l'orgasme féminin. Plusieurs publications des résultats de ses recherches parues depuis 4 ans expliquent sa désignation pour cette conférence invitée.

Le but de l'étude présentée était d'évaluer par l'échographie fonctionnelle du complexe clitoridien:

  1. S'il était possible qu'une pénétration vaginale ne stimule que le vagin
  2. Quelles sont les structures concernées par les stimulations d'une part de la partie externe du clitoris et d'autre part du vagin
  3. Quelle est l'influence des variations anatomiques du vagin sur les effets de la stimulation vaginale.

A cet effet, les femmes étudiées (en période d'activité génitale, affirmant éprouver à la fois des orgasmes clitoridiens et des orgasmes vaginaux, et sans antécédent pathologique gynécologique) ont stimulé la partie proximale (basse) de la face antérieure de leur propre vagin à l'aide d'un cylindre formé par des compresses humides enroulées autour d'une pince longuette, puis dans un second temps elles ont stimulé la partie externe de leur clitoris par des pressions répétées. Les effets de ces stimulations sexuelles ont été évalués par l'échographie fonctionnelle avec enregistrement vidéo des images, permettant leur réexamen soigneux après les sessions d'exploration. Un Doppler couleur a également été réalisé sur la zone de contact du corps caverneux et de la partie antérieure du vagin en utilisant une coupe sagittale du complexe clitoridien. Le Dr Buisson a projeté de nombreuses vidéos, desquelles elle a isolé certains clichés particulièrement démonstratifs. Son iconographie remarquable a été particulièrement appréciée par l'auditoire. Elle nous a également fait l'amabilité de nous confier quelques uns de ses clichés, en avant première de leur publication, afin d'illustrer ce compte-rendu.

Dans un premier temps les effets des stimulations ont été étudiés dans un plan de coupe sagittale du complexe clitoridien. Les images obtenues ont permis les conclusions suivantes:

  •  La stimulation de la partie externe du clitoris implique le gland et la hampe de l'organe, mais pas obligatoirement sa partie profonde (corps caverneux et bulbes).
  •  La stimulation vaginale implique les corps caverneux et les bulbes du clitoris, et est donc une stimulation clitoridienne indirecte. Chez les femmes étudiées, il ne paraissait pas possible de stimuler le vagin sans stimuler le clitoris.
  •  La stimulation mécanique de la paroi antéro-inférieure du vagin est influencée par de nombreux facteurs anatomiques et fonctionnels tels que longueur et orientation des branches ischio-pubiennes, longueur des bulbes, intensité des contraction périnéales, amplitude et orientation spatiale des mouvements coïtaux, coaptation des organes génitaux des deux partenaires.

Figure 1: La stimulation externe implique le gland et le raphé du clitoris mais non la partie interne du clitoris ( raphé et bulbes).
 Remerciements au Dr Odile Buisson qui a accepté de nous fournir les clichés.
Abbreviations
  • BU: bulbe,
  •  CB: corps caverneux,
  •  GL: gland,
  •  IR: branche ischio pubienne,
  •  K: plexus de Kobelt
  •  RA: raphe,
  •  T: tampon,
  • U: urètre,
  • VA: vagin

Les effets des stimulations ont également été étudiés dans un plan coronal, par rapport au complexe clitoridien, permettant les conclusions suivantes:

  •  L'intensité de la stimulation est maximale pour l'urètre, et décroit pour les bulbes puis les corps caverneux.
  •  L'augmentation de volume et d'échogénicité des bulbes pendant la pénétration vaginale prouve l'excitation du clitoris du fait de la seule stimulation vaginale.
  •  L'urétre semble se mobiliser de façon relativement indépendante des bulbes, et une stimulation vaginale est aussi une stimulation urétrale forte.

Figure 2: La stimulation vaginale à l’aide d’un tampon ( ligne blanche correspondant à la ficelle du tampon)
montre que les bulbes et les corps caverneux du clitoris sont également stimulés

Les conclusions de l'étude en Doppler couleur ont été les suivantes:

  •  Une simple pression sur le plexus veineux augmente les vitesses sanguines.
  •  Celle des plexus veineux semble plus importante avec la stimulation vaginale qu' avec la stimulation clitoridienne.
Figure 3 a et b : Les vitesses veineuses obtenues par stimulation vaginale (photo droite) semblent supérieures à celles obtenues par stimulation du clitoris externe (photo gauche).

L'étude du Dr Buisson remet donc en selle l'hypothèse d'une origine unique, clitoridienne, de l'orgasme, dans la mesure où il semble que la pénétration vaginale implique presqu'obligatoirement une stimulation du clitoris, au moins dans sa partie interne. Sa conclusion a été que pourtant les femmes décrivent des différences importantes dans leurs perceptions de ce qu'on qualifie communément d'orgasme vaginal, par rapport à celles qu'elles éprouvent suite à la seule stimulation de la partie externe de leur clitoris. Ces différences résultent-elles de variations anatomiques, ou du type de stimulation? Sinon il faudrait se pencher, pense-t-elle, sur l'innervation des bulbes clitoridiens, le rôle de l'urètre, et/ou celui des plexus veineux clitoridiens, tous éléments encore mal connus.

Mis à jour le 23 octobre 2013