Cabinet des Curiosités - Mesdames, prenez garde : votre démarche pourrait trahir vos capacités orgasmiques !

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Mesdames, prenez garde : votre démarche pourrait trahir vos capacités orgasmiques !

D’après l’article : A Woman’s History of Vaginal Orgasm is Discernible from her walk. Nicholas A. et al J Sex Med 2008 ; 5:2119-2124.

Analysé par Dr Gilbert Bou Jaoudé, Lille, France

Plusieurs recherches récentes suggèrent  que l’orgasme vaginal diffère  physiologiquement de l’orgasme obtenu par la stimulation clitoridienne. La différence tient essentiellement à la transmission de l’information sensorielle : pour l’orgasme clitoridien, cette information est surtout conduite via le nerf honteux vers la moelle épinière et ensuite le cerveau alors que pour l’orgasme vaginal la conduction honteuse est associée à une transmission par les nerfs pelviens, hypogastrique et vague. Le fait que les informations  transmises par le nerf optique n’étant pas véhiculées par la moelle épinière, la moelle épinière expliquerait la possibilité de persistance d’un orgasme vaginal chez les femmes souffrant de traumatisme médullaire. Sa stimulation nécessite une pénétration vaginale profonde.

Cette différence entre l’orgasme  clitoridien et l’orgasme vaginal ne se limite pas à des aspects physiologiques. En effet, les femmes ayant une orgasmie vaginale ont plus tendance à exprimer une insatisfaction de leur relation de couple, de leur état de santé psychologique et semble plus à risque de présenter une dysfonction sexuelle globale.

Plusieurs auteurs ont évoqué la possible association d’anomalies du tonus de certains muscles particulièrement pelviens, aux dysfonctions sexuelles d’un rôle étiologique de ces hyper ou hypotonies. Ces hypothèses ont débouché sur la proposition de nouvelles approches thérapeutiques de type fonctionnel visant à rééduquer l’éducation des muscles correspondants ainsi que celle de la respiration.

Pendant ces constatations et du faut que les caractéristiques de la marche peuvent fournir certaines informations fiables sur un individu (par exemple, chez les personnes âgées, la vitesse de la marche inversement corrélée au risque de dépendance et de décès dans les 3 ans chez l’homme d’âge moyen, elle est aussi inversement corrélée au risque d’événement  cardio-vasculaire de mortalité tout aussi intriguant , les mouvements du tronc lors de la marche permettraient de différencier homosexuels et hétérosexuels). Les auteurs ont souhaité tester l’hypothèse selon laquelle le fait pour une femme d’atteindre régulièrement l’orgasme vaginal pourrait influencer ses attitudes et particulièrement sa démarche.

Pour ce faire, un investigateur femme a sélectionné, parmi des groupes de chacun dix sujets qui rapportaient soir avoir « toujours » ou « souvent » un orgasme vaginal lors de leurs rapports, soit n’en avoir « jamais » ou « rarement ». Les participantes n’ont pas été mises au courant des hypothèses expérimentales de cette étude ; il leur a été demandé de marcher pendant 100 mètres se concentrant sur les pensées agréables (par exemple marche sur une plage pendant des vacances), puis de marcher 100 m en imaginant être en compagnie d’un homme pour lequel elles auraient de sentiments amoureux. Leur démarche a été filmée et les films ainsi réalisés ont été visionnés par deux professeurs ne connaissant pas leur comportement orgasmique. Ceux-ci ont attribué des scores à différents paramètres e la démarche : impression de fluidité, de liberté, d’énergie et de sensualité de la démarche.

Les paramètres correspondants ont permis à cette équipe de prédire de façon correcte les caractéristiques orgasmiques de 81 % des femmes étudiées. Ces analyses complémentaires ont permis d’associer la capacité d’associer régulièrement l’orgasme vaginal à certaines caractéristiques de la rotation du pelvis et du rachis.

Les auteurs ont ainsi conclu qu’un observateur averti pourrait deviner si une femme éprouve régulièrement des orgasmes vaginaux en se basant sur la fluidité, l’énergie, la sensualité et la liberté de sa démarche, ainsi que l’absence de blocage musculaire excessif, tout comme la flaccidité musculaire excessive.

En tant que sexologues expérimentés, nous avons donc intérêt à observer la démarche des patientes qui rentrent dans nos bureaux de consultation. Avec de l’entraînement, cette observation pourrait devenir un outils professionnel (et peut-être personnel !) intéressant.

On ne peut pas être vraiment étonné que le sentiment de plénitude d’une femme  épanouie sexuellement transpire dans ses attitudes ni qu’une femme à l’aise dans son corps au rachis plus souple et plus apte à chercher son plaisir par des mouvements de bascule du bassin, éprouve plus régulièrement de orgasmes vaginaux. Mais de là à pouvoir faire un tel diagnostic par la seule observation de la démarche de nos compagnes il y a probablement un grand pas, et les résultats de cette étude dont le nombre de participantes était à vrai dire très réduit nécessiterait certainement d’être reproduits avant qu’on puisse considérer définitifs les résultats de cette étude.

Créé le 21 avril 2009