Santé Sexuelle Féminine

Où il s’avère qu’une vie saine (au moins un peu d’activité physique et un bon sommeil ! ) est probablement aussi importante que l’état hormonal pour une sexualité épanouie à la ménopause.

D’après Hess et coll, J. Sex. Med 2009

Analyse par Jacques Buvat, Lille, France

De nombres études ont montré qu’au fur et à mesure que les femmes progressent dans la période ménopausique, elles éprouvent des changements de leur fonction sexuelle. Ces modifications sont vraisemblablement multifactorielles, et incluent des facteurs biologiques comme la disparition des hormones ovariennes, mais aussi des facteurs psychologiques et sociaux. Dans cette étude, les auteurs qui représentent différents départements des universités américaines de Pittsburgh et Houston ont étudié l’impact de l’activé physique, des problèmes de sommeil, et du support social sur la fonction sexuelle des femmes aux différents stades de la progression ménopausique. L’étude est une analyse cross-sectionnelle des données initiales d’une étude épidémiologique prospective toujours en cours, ayant inclus 677 femmes âgées de 41 à 68 ans.

Soixante huit pour cent des femmes de l’étude avaient été sexuellement actives au cours des six mois précédents. Les raisons données par les autres pour leur absence d’activité sexuelle étaient principalement, comme dans la plupart des autres études épidémiologiques, l’absence de partenaire (70 %) et le manque d’intérêt pour la sexualité (12 %). Etaient également cités le manque d’intérêt pour le partenaire (5 %) et les problèmes de santé (4 %).

Des évaluations statistiques plus ou moins sophistiquées ont permis d’aboutir aux conclusions suivantes : par comparaison aux femmes sans activité sexuelle, les femmes sexuellement actives de cette étude tendaient à être plus jeunes, mariées, à avoir un niveau d’éducation plus important, un support social plus important, à avoir moins de problèmes de santé, un index de masse corporelle plus bas, et de façon inattendue une prévalence de sécheresse vaginale plus élevée. Les paramètres prédictifs du fait d’avoir eu des activités sexuelles allant de s’embrasser jusqu’aux rapports sexuels étaient le fait d’avoir une activité physique d’au moins 30 minutes par jour 5 jours par semaine, d’avoir plus de soutien social, et de ne pas avoir de troubles du sommeil. De même les prédicteurs d’une sexualité plaisante étaient l’activité physique, le support social et l’absence de sécheresse vaginale. Par contre ni la fréquence de l’activité sexuelle, ni la satisfaction qui en était tirée n’étaient corrélées avec le statut marital, ni avec l’existence de problèmes de santé, ni avec les autres facteurs évalués dans l’étude, particulièrement le fait de prendre un traitement hormonal substitutif.

Cette étude confirme s’il en était besoin que les facteurs psychosociaux jouent un rôle important dans la sexualité féminine au cours de la progression de la ménopause. Elle vient confirmer trois études antérieures qui avaient établi une corrélation entre activité physique importante et niveau élevé de satisfaction sexuelle, et deux études qui avaient trouvé qu’un niveau faible de sommeil réparateur (dans le cas de ces deux études dû au syndrome des jambes sans repos) était associé avec des niveaux plus faibles d’activité sexuelle et de plaisir. De nombreuses études récentes ont montré que des interventions hormonales pouvaient améliorer la fonction sexuelle des femmes en milieu de vie. L’étude présente suggère que le rôle des influences psychosociales doit aussi continuer à être exploré, et si ces données se trouvent confirmées, ces paramètres psychosociaux pourraient devenir des cibles d’interventions complémentaires pour optimiser la fonction sexuelle au cours de la ménopause. Particulièrement, comme chez l’homme, une hygiène de vie élémentaire (un peu d’activité physique et une durée de sommeil suffisante), pourrait être un facteur important pour le maintien d’une vie sexuelle active et surtout satisfaisante.