Dysfonction Erectile

Un peptide probablement impliqué dans les troubles sexuels liés au stress, le gastrin-releasing peptide : Implication potentielle pour un futur traitement des dysfonctions érectiles d’origine psychologique ?

D’après Sakamoto et coll, PLoS ONE, Janvier 2009,

Analysé par Jacques Buvat, Lille

De nombreux arguments suggèrent que le stress peut inhiber la fonction sexuelle tant chez l’animal que chez l’homme. On connaît particulièrement dans notre espèce le syndrome de stress post-traumatique au cours duquel la prévalence des dysfonctions érectiles et des perturbations de l’éjaculation est très élevée. On invoque classiquement à ce propos le rôle de la noradrénaline, neurotransmetteur libéré en cas de stress qui pourrait inhiber l’érection en contractant les fibres musculaires lisses du corps caverneux, et qui stimule physiologiquement l’éjaculation. Cependant plusieurs études expérimentales réalisées chez l’homme n’ont pu confirmer cette hypothèse.

Le gastrin-releasing peptide (GRP) est un membre de la famille des peptides bombesine-like. Il est largement distribué non seulement dans le tractus gastro-intestinal mais aussi dans le système nerveux central des mammifères. Il joue un rôle dans de nombreux processus physiologiques parmi lesquels la prise de nourriture, mais aussi les rythmes circadiens et l’anxiété. Les auteurs ont récemment démontré que certains neurones du « générateur médullaire de l’éjaculation » contenaient du GRP. La stimulation pharmacologique des récepteurs du GRP restaure les réflexes érectiles et éjaculatoires des rats castrés, et leur blocage réduit de façon significative ces réflexes. Dans cette étude expérimentale menée de façon conjointe par un groupe de neurobiologistes japonais et un groupe de vétérinaires nord-américains, les auteurs ont développé chez le rat un modèle de syndrome de stress post-traumatique, en exerçant un stress prolongé. Ce stress a été responsable d’une diminution des réflexes péniens, tandis qu’ils ont observé une diminution du contenu en GRP de la moelle épinière lombaire. La stimulation pharmacologique des récepteurs du GRP a rétabli les réflexes péniens chez les rats stressés, et induit une éjaculation spontanée de façon dépendante de la dose. A noter également que dans ce modèle animal le stress chronique était également associé à une diminution significative de l’expression du récepteur androgénique dans la moelle épinière lombaire, en dépit de l’absence de variation des taux circulants de testostérone.

Au total cette étude suggère que le système GRP médullaire joue un rôle dans le contrôle de la fonction sexuelle mâle. Ce système semble vulnérable au stress et pourrait être impliqué dans les effets inhibiteurs du stress sur la sexualité. Il pourrait donc constituer une cible pour le traitement des dysfonctions érectiles déclenchées par le stress et les maladies psychiatriques.