Andrologie

L’EPCA-2 va t’il remplacer le PSA pour le dépistage du cancer de la prostate ?

Leman ES et coll, EPCA-2: highly specific serum marker for prostate cancer, Urology 2007;69 :714-20 et Leman ES et coll: Analysis of a serum test for prostate cancer that detects a second epitope of EPCA-2, Prostate 2009; May 5., Epub ahead of print

Analysé par Jacques Buvat, Lille, France

La valeur du PSA comme test de dépistage du cancer de la prostate est très controversée, particulièrement du fait d’une spécificité plutôt faible (c'est-à-dire que l’augmentation de son taux révèle plus souvent d’autres pathologies prostatiques, comme l’adénome, que le cancer de la prostate lui-même), et d’une sensibilité certainement meilleure, mais tout de même limitée (du fait qu’un nombre non négligeable de cancers de la prostate ont un taux de PSA normal).

Dans une étude préliminaire l’utilité d’un nouveau marqueur biologique, le « Early Prostate Cancer Antigen : EPCA-2 » comme moyen de dépistage du cancer de la prostate a été testée chez 385 hommes, parallèlement au dosage du PSA. Le sérum de populations présentant différentes pathologies non prostatiques bénignes et malignes confirlès par biopsie prostatique a également été étudié. L’EPCA-2 a montré une spécificité de 92 % comparée aux 65 % du PSA, et une sensibilité de 94 % comparée aux 90 % du PSA pour distinguer les 2 groupes de pathologies. Les courbes ROC suggèrent que l’EPCA-2 est supérieur au PSA non seulement pour identifier les hommes qui ont un cancer de la prostate, mais également pour différencier les formes localisées des formes ayant franchi la capsule. Il est intéressant de noter que l’EPCA-2 était généralement élevé dans les cas de cancer avec taux de PSA bas, et bas en cas de taux élevé du PSA malgré l’absence de cancer.

Deux ans après le premier, un second article montre qu’un nouveau dosage détectant un second épitope de la même protéine sépare également avec une spécificité de 94% et une sensibilité de 91% les hommes normaux, et ceux qui ont une hypertrophie bénigne de la prostate, de ceux qui ont un cancer, confirmant les résultats initiaux. Ces résultats encourageants doivent maintenant être confirmés dans un essai clinique prospectif multicentrique à grande échelle avant qu’on puisse définitivement confirmer la capacité de l’EPCA-2 à compléter, voire à remplacer avantageusement le dosage du PSA.

Mis à jour le 30 mai 2009