Andrologie

Quelle est l’évolution naturelle du déficit symptomatique en testostérone chez l’homme ?

(Travison et al, J Am Geriatr Soc 2008;56:831-839)

Analyse par Dr Jacques Buvat, Lille, France

Dans cette étude l’équipe de la Massachusetts Male Aging Study (MMAS) a suivi l’évolution spontanée du syndrome de déficit symptomatique en testostérone défini par l’association d’une diminution de la testostérone totale ou libre, et d’au moins trois des symptômes de déficit androgénique évalués dans la MMAS (voir ci-après) chez 756 hommes âgés de 40 à 70 ans lors de l’évaluation initiale (entre 1987 et 1989), ayant fait l’objet d’une réévaluation au cours des quinze années suivantes lors d’au moins l’une des deux vagues d’analyses ultérieures (1995-1997 et 2002-2004), et n’ayant pas reçu de traitement hormonal pendant cette période. Les critères de déficit hormonal étaient une testostérone totale < 2 ng/ml, ou entre 2 et 4 ng/ml si associée à une testostérone libre < 89,1 pg/ml. Les huit symptômes de déficit androgénique évalués étaient la diminution de la libido, la dysfonction érectile, une humeur dépressive ou la prise d’un traitement antidépresseur, la léthargie (manque de dynamisme), l’incapacité à se concentrer, les troubles du sommeil et l’irritabilité.

Il a été constaté qu’un peu plus de 50 % des cas de déficit symptomatique en testostérone présents lors de l’une des premières vagues d’analyse avaient disparu sept ou huit ans plus tard, lors de la vague suivante. C’était particulièrement le cas chez les sujets avec déficit symptomatique qui étaient les plus jeunes et les plus minces au départ. Comme on pouvait s’y attendre la probabilité de déficit symptomatique en testostérone augmenta avec l’âge et l’Index de Masse Corporelle.

L’intérêt de cette étude est de montrer que même lorsqu’il apparaît après 40 ans, le syndrome de déficit symptomatique en testostérone, n’est pas obligatoirement définitif et peut régresser spontanément avec le temps.

Mis à jour le 30 mai 2009