Andrologie

Encore une étude de population qui met en cause l’obésité dans l’association déficit en testostérone et troubles sexuels.

Hofstra J et coll, The Netherlands J of Medicine, 2008;66:103-109

Analysé par Jacques Buvat, Lille, France

Dans une population de 160 hommes consultant pour traitement de leur obésité, les auteurs ont trouvé une corrélation inverse hautement significative entre d’une part testostérone tant totale que libre et d’autre part Index de Masse Corporelle.

La testostérone totale était abaissée chez 58 % des obèses et la testostérone libre chez 36 %. L’absence d’augmentation réactionnelle de la LH permettait de parler chez ces obèses d’hypogonadisme hypogonadotrope.

Les hommes qui avaient des taux abaissés de testostérone avaient des taux plus élevés d’HbA1c, un risque 2,6 fois plus élevé de maladie cardiovasculaire, un risque de diminution de la libido multiplié par 7,1, et un risque de dysfonction érectile multiplié par 6,7 par rapport aux obèses eugonadiques.

Cette publication de Hofstra vient s’ajouter à plusieurs autres études récentes qui suggèrent que la cause du déficit en testostérone souvent observé chez nos patients âgés, et plus particulièrement chez ceux qui consultent pour dysfonction érectile, pourrait en fait être leur surpoids.

Entre autres mécanismes, l’hyperaromatisation de leurs androgènes dans le tissu adipeux surabondant pourrait expliquer leur profil d’hypogonadisme hypogonadotrope du fait du rétro-contrôle central négatif de l’estradiol et de l’estrone ainsi produits. La correction de cette anomalie hormonale pourrait être l’un des mécanismes par lesquels certains grands obèses présentant des problèmes d’érection voient ceux-ci s’améliorer par la seule perte de poids, comme l’ont rapporté Esposito et coll.