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Andrologie

Les stéroïdes sexuels endogènes modulent-ils le risque de démence ?

Ravaglia G et coll, J Gerontology 2007, 9 :1035-1041

Analyse par Jacques Buvat, Lille, France

Plusieurs études ont suggéré que des taux faibles de stéroïdes sexuels endogènes (estradiol ou testostérone) pouvaient constituer un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer (MA) ou d’autres démences. Cependant une méta analyse du groupe Cochrane ayant intégré cinq essais cliniques randomisés avec groupe témoin n’a pas pu confirmer l’effet préventif de l’oestrogénothérapie substitutive à cet égard chez la femme ménopausée.

Au contraire, dans la fameuse Women’s Health Initiative Study, le risque de démence de tout type était doublé à quatre ans dans le bras œstrogène + progestatif par rapport au bras placebo.

Récemment ont été publiés les résultats de plusieurs études épidémiologiques prospectives longitudinales, soit la méthodologie la plus objective, s’intéressant à ce sujet.

Dans la première un taux élevé d’oestrogènes était associé à une augmentation du risque ultérieur de démence vasculaire, mais pas de MA, chez la femme âgée, tandis qu’il n’était associé à aucun risque chez l’homme.

Dans la seconde, les hommes âgés qui avaient un taux faible de testostérone avaient un risque augmenté de MA.

L’étude de Ravaglia et coll correspond à une troisième étude longitudinale du même type. Elle a corrélé les taux d’estradiol (E2) et de testostérone libre (TL) sériques mesurés chez 1016 italiens des deux sexes âgés d’au moins 65 ans aux résultats de l’évaluation ultérieure de leur fonction cognitive (près de quatre ans après). Chez les femmes le risque de démence était augmenté en cas d’E2 élevé pour une phase ménopausique (≥ 10 pg/ml) : Risque Relatif –RR- 1.75, Intervalle de Confiance –IC- 1.06-2.89, particulièrement en ce qui concerne le risque de MA (RR 1.94, IC 1.06-3.61).

Aucune association n’a par contre été trouvée entre E2 ou TL et démence vasculaire, ni entre TL et démence de quelque type que ce soit chez la femme, ni entre E2 ou TL et démence de quelque type que ce soit chez l’homme.

Cette étude renforce donc la présomption d’accroissement du risque de démence en cas de taux élevé d’estradiol chez la femme, mais ne confirme pas un risque associé aux taux faibles de testostérone chez l’homme.