Andrologie

Quelle est la vraie prévalence du syndrome de déficit symptomatique en testostérone ?

D’après Araujo AB et coll, J Clin Endocrinol Metab 2007

Analyse par Jacques Buvat, Lille, France

Chacun s’accorde aujourd’hui à considérer qu’un déficit en testostérone doit associer, pour justifier un traitement substitutif, et un taux faible de cette hormone, et différents symptômes cliniques en rapport avec ce déficit (syndrome de déficit en testostérone symptomatique). Pourtant jusqu’à présent, la grande majorité des études ayant évalué la prévalence du déficit androgénique n’étaient basées que sur la seule diminution de testostérone. L’équipe du New England Research Institute vient de combler cette lacune en soumettant 1475 Américains de 30 à 79 ans à un bilan endocrinien extensif, et à une évaluation clinique. Elle a défini le syndrome de déficit en testostérone par un taux de testostérone totale (TT) < 3 ng/ml, ou de testostérone libre (TL) < 50 pg/ml, associés soit à l’un des trois symptômes considérés majeurs (diminution de la libido, dysfonction érectile, ostéoporose ou fracture oestéoporotique), soit à deux au moins des symptômes considérés mineurs (perturbation du sommeil, humeur dépressive, léthargie, correspondant sensiblement au manque de dynamisme, ou diminution des performances physiques). L’âge moyen de cette population était de 47,3 ans. Environ 24 % des hommes avaient une TT basse, et 11 % une TL basse. Beaucoup d’hommes avec testostérone basse étaient asymptomatiques. La prévalence du déficit en testostérone symptomatique était de 5,6 %. Elle était basse avant 70 ans (de 3 à 7 %), augmentait de façon marquée avec l’âge, et atteignait 22,8 % au-delà de 70 ans (40 à 49 ans 4,1 %, 50 à 59 ans 7,1 %, 60 à 69 ans 11,5 %). Quoique moindre que les chiffres souvent cités, cette prévalence de déficit en testostérone symptomatique est importante, et risque de croître considérablement avec le vieillissement de la population. Reste à définir sa signification.