Dysfonction Erectile

Une activité sexuelle régulière pourrait diminuer le risque de dysfonction érectile

Koskimäki J et coll, Am J Med 2008

Analysé par le Dr Jacques Buvat, Lille, France

C’est là l’une des conclusions de cette analyse de la Tampere Aging Male Urologic Study. Il s’agit d’une étude de cohorte ayant inclus une population de 989 hommes âgés de 55 à 75 ans, suivis pendant 5 ans. Elle a confirmé différents facteurs de risque de la dysfonction érectile (DE) déjà connus (diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension, dépression), mais a aussi trouvé qu’indépendamment des autres facteurs de risque (analyse multifactorielle), l’incidence des DE (32 cas par 1000 années-personnes dans l’ensemble de la population) était inversement corrélée à la fréquence de l’activité sexuelle au début du suivi. Par exemple les hommes qui avaient au départ moins d’un rapport par semaine avaient 5 ans plus tard un risque de deux fois plus élevé que ceux qui avaient au moins un rapport par semaine (respectivement 79 contre 33 ‰, risque relatif 2.2, intervalle de confiance 1.3-3.8). S’agit-il d’un véritable rôle protecteur des rapports sexuels, par activation de la fonction endothéliale des corps caverneux au cours de la période d’oxygénation maximum permise par les érections sexuelles, ou, à l’inverse, est-ce tout simplement le fait que les hommes qui sont en meilleure santé ont à la fois plus de rapports et moins de risque de DE ? Ceci reste à préciser mais peut nous inciter à recommander à nos consultants une activité sexuelle régulière comme partie intégrante d’une bonne hygiène de vie, et de l’activité physique qu’on leur recommande déjà de plus en plus souvent ! C’est la philosophie du « use it or lose it » des auteurs anglo-saxons !

Mis à jour le 30 mai 2009