résumé du congrès de l’ESHRE
Session 05 : Impact de la fonction spermatique sur les résultats reproductifs
Lundi 6 juillet 2026, 10 h 00–11 h 30 Présidence :
Alberto Pacheco Castro (Espagne), Francesco Lotti (Italie)
- La qualité ovocytaire module l’effet de l’âge paternel sur les résultats de l’ICSI
Auteure : Daniela Braga (Brésil)
- Méthode : Recours à un système d’évaluation ovocytaire fondé sur l’IA afin d’analyser l’influence de l’âge paternel sur les résultats de l’ICSI.
- Résultats :
- Les ovocytes de haute qualité réduisent l’effet défavorable de l’âge paternel avancé sur la fécondation et le développement embryonnaire.
- À l’inverse, les ovocytes de faible qualité accentuent cet effet, avec une diminution notable des taux de blastocystes et de naissances vivantes.
- Implications cliniques :
- Renforcer la sélection ovocytaire chez les couples dont l’homme est âgé (> 45 ans) afin d’améliorer les chances de succès.
- Informer les patients sur les conséquences possibles de l’âge paternel, en particulier lorsqu’un don d’ovocytes est envisagé.
- Effets protecteurs de l’incubation à l’astaxanthine sur l’intégrité de l’ADN et la fonction spermatique lors de la cryoconservation
Auteure : Theodosia Zeginiadou (Grèce)
- Méthode : Incubation des spermatozoïdes avec de l’astaxanthine, un antioxydant puissant, avant la cryoconservation.
- Résultats :
- Diminution significative des lésions oxydatives de l’ADN spermatique, avec une fragmentation réduite de 30 %.
- Progression de la motilité après décongélation, estimée à +20 %.
- Hausse du taux de fécondation en ICSI, de l’ordre de +15 %.
- Implications cliniques :
- Ajouter l’astaxanthine aux protocoles de cryoconservation chez les patients présentant une infertilité masculine idiopathique ou une oligospermie sévère.
- Limiter les échecs de FIV/ICSI associés à l’altération de l’ADN spermatique après décongélation.
- Les cassures double brin de l’ADN spermatique comme indicateur du développement embryonnaire et du risque d’aneuploïdie
Auteure : Lily Ng (États-Unis)
- Méthode : Réalisation, avant FIV/ICSI, d’un test mesurant les cassures double brin de l’ADN spermatique (dsDNA).
- Résultats :
- Chez les couples présentant un taux élevé de cassures dsDNA (> 20 %), on observe :
- Un risque d’aneuploïdie embryonnaire multiplié par 2,5.
- Une baisse de 40 % du taux d’implantation.
- L’âge paternel avancé est associé à une baisse du taux de blastocystes et des naissances vivantes cumulées
Auteur : Maurizio De Rocco Ponce (Espagne)
- Méthode : Étude rétrospective portant sur 1 021 cycles avec don d’ovocytes, les donneuses ayant en moyenne 28 ans.
- Résultats :
- Chez les hommes de plus de 50 ans :
- Taux de blastocystes : diminution de 25 % par rapport aux hommes de moins de 35 ans.
- Taux cumulé de naissances vivantes : baisse de 18 %.
- Risque de fausse couche : augmentation de 12 %.
- Cet effet demeure indépendant de l’âge maternel, les ovocytes provenant de donneuses jeunes.
- Implications cliniques :
- Sensibiliser les couples au risque associé à l’âge paternel, y compris lorsque des ovocytes de donneuse sont utilisés.
- Proposer un accompagnement génétique afin d’évaluer le risque d’anomalies chromosomiques, notamment par PGT-A.
- Discuter le recours au don de sperme lorsque l’homme a plus de 50 ans et que le couple a déjà connu plusieurs échecs.
- La valeur prédictive du test est indépendante de l’âge et des paramètres spermatiques conventionnels (volume, motilité, morphologie).
- Implications cliniques :
- Intégrer ce test en pratique courante chez les couples ayant des échecs répétés d’implantation ou des fausses couches à répétition.
- Ajuster la prise en charge : en cas de dsDNA élevé, privilégier l’ICSI associée à une sélection rigoureuse des spermatozoïdes, par exemple par IMSI.
- Une fragmentation élevée de l’ADN spermatique est liée à une augmentation des anomalies chromosomiques embryonnaires
Auteur : Li Lou (Chine)
- Méthode : Analyse rétrospective de 5 637 couples pris en charge en FIV/ICSI.
- Résultats :
- Fragmentation de l’ADN > 30 % selon le test TUNEL :
- Aneuploïdie embryonnaire : augmentation de 50 %.
- Fausses couches précoces : hausse de 35 %.
- Naissances vivantes : diminution de 20 %.
- Seuil d’alerte : une fragmentation supérieure à 25 % justifie une prise en charge ciblée.
- Implications cliniques :
- Rechercher systématiquement la fragmentation de l’ADN en cas d’infertilité inexpliquée ou d’échecs répétés.
- Options thérapeutiques :
- Traitement antioxydant : astaxanthine, vitamines C et E, coenzyme Q10.
- Sélection spermatique optimisée par IMSI ou cytométrie en flux.
- Adaptation du protocole : privilégier l’ICSI plutôt que la FIV conventionnelle.
- Intégration de l’imagerie hyperspectrale assistée par IA pour prioriser la sélection des spermatozoïdes
Auteure : Rosa María Pacheco-Rendón (Espagne)
- Méthode : Emploi de l’imagerie hyperspectrale couplée à l’IA pour évaluer la viabilité et la qualité des spermatozoïdes.
- Résultats :
- Précision de 92 % pour identifier les spermatozoïdes associés à une implantation réussie.
- Diminution de 50 % du temps nécessaire à la sélection par rapport aux méthodes manuelles.
- Taux d’implantation amélioré de 22 % dans les cycles tests.
- Implications cliniques :
- Déployer cette technologie dans les laboratoires d’AMP pour les couples présentant une infertilité masculine sévère.
- Limiter les échecs liés à une sélection sous-optimale des spermatozoïdes.
Conclusion de la session : pistes pratiques pour la prise en charge
| Problématique | Solution proposée | Niveau de preuve | Recommandation |
| Âge paternel élevé | Sélection ovocytaire renforcée + PGT-A | Élevée (étude rétrospective) | Conseil systématique et adaptation des protocoles : ICSI ou don de sperme selon le contexte. |
| Fragmentation importante de l’ADN spermatique | Antioxydants et sélection avancée par IMSI/IA | Élevée (méta-analyse) | Test TUNEL systématique et prise en charge ciblée. |
| Cryoconservation spermatique | Incubation à l’astaxanthine | Modérée (étude pilote) | À intégrer aux protocoles de congélation. |
| Échecs d’implantation répétés | Test dsDNA et sélection assistée par IA | Élevée (étude prospective) | À envisager en seconde intention après des échecs inexpliqués. |
| Infertilité idiopathique | Imagerie hyperspectrale + IA | Modérée (étude en cours) | À tester dans les centres spécialisés. |
Session 23 : facteurs systémiques impliqués dans l’infertilité masculine
Lundi 6 juillet 2026, 15 h 15–16 h 30 Présidence : Nathalie Rives (France), Gulam Bahadur (Royaume-Uni)
- Infertilité masculine et risque de cancer
Auteur : Jack Marozzi (Australie)
- Méthode : Cohorte populationnelle menée en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) sur 10 ans, incluant 50 000 hommes infertiles.
- Résultats :
- Risque de cancer augmenté chez les hommes infertiles :
- ×2,5 pour les cancers testiculaires.
- ×1,8 pour les cancers de la prostate en cas d’infertilité sévère.
- ×1,5 pour les lymphomes non hodgkiniens.
- Le risque augmente avec la sévérité de l’infertilité, notamment en cas d’oligospermie < 5 M/mL par rapport à une normospermie.
- Implications cliniques :
- Mettre en place un dépistage systématique des cancers testiculaires et prostatiques chez les hommes présentant une infertilité sévère.
- Associer un suivi urologique au long cours.
- Informer les patients de cette augmentation du risque.
- L’axe intestin-testicule favorise l’inflammation testiculaire, le vieillissement et l’altération de la spermatogenèse
Auteur : Philip C.N. Chiu (Hong Kong)
- Méthode : Étude expérimentale sur modèles murins, complétée par l’analyse de biopsies testiculaires humaines.
- Résultats :
- Dysbiose intestinale : augmentation des cytokines pro-inflammatoires testiculaires, notamment TNF-α et IL-6.
- Atteinte de la barrière hémato-testiculaire : infiltration macrophagique et stress oxydatif.
- Réversibilité partielle : la restauration du microbiote, par probiotiques ou régime méditerranéen, améliore la spermatogenèse d’environ 30 %.
- Implications cliniques :
- Explorer le microbiote intestinal chez les hommes présentant une infertilité inexpliquée ou une oligospermie.
- Associer des probiotiques, tels que Lactobacillus ou Bifidobacterium, aux traitements habituels.
- Conseiller une alimentation anti-inflammatoire, riche en oméga-3 et en antioxydants.
- L’évaluation quantitative de la liaison spermatozoïde–ovocyte (IZUMO1–JUNO) prédit le taux de fécondation en FIV
Auteure : Maria Liljander (Suède)
- Méthode : Mesure par cytométrie en flux de l’expression des protéines IZUMO1 sur le spermatozoïde et JUNO sur l’ovocyte.
- Résultats :
- Une faible capacité de liaison IZUMO1-JUNO (< 50 %) est associée à :
- Un taux de fécondation en FIV inférieur à 30 %, contre 70 % lorsque la liaison est normale.
- Un risque plus élevé d’échec complet de fécondation, estimé à 10 % contre 2 %.
- Seuil décisionnel : une liaison < 60 % justifie de recourir à l’ICSI.
- Implications cliniques :
- Proposer le test IZUMO1-JUNO en cas d’infertilité inexpliquée ou d’échecs de fécondation en FIV.
- Adapter la stratégie d’AMP : privilégier l’ICSI lorsque la liaison est insuffisante.
- Profil transcriptomique unicellulaire des anomalies de la spermatogenèse associées au diabète
Auteur : Zhe Zhang (Chine)
- Méthode : Séquençage de l’ARN de cellules germinales isolées chez des hommes atteints de diabète de type 2.
- Résultats :
- Modification de l’expression génique affectant :
- La maturation spermatique avec baisse de PRM1 et PRM2.
- La réparation de l’ADN, avec diminution de BRCA1 et ATM.
- Le métabolisme énergétique, marqué par une baisse de l’ATP synthase.
- Association avec la sévérité du diabète, notamment lorsque l’HbA1c dépasse 8 %.
- Implications cliniques :
- Dépister systématiquement le diabète chez les hommes présentant une infertilité inexpliquée.
- Améliorer l’équilibre glycémique avant toute tentative d’AMP.
- Envisager un soutien antioxydant, par exemple métformine associée à la coenzyme Q10, afin de réduire les dommages oxydatifs.
- Trois sources de signaux : vésicules extracellulaires du liquide folliculaire, du plasma séminal et des cellules souches mésenchymateuses
Auteure : Sysoeva Anastasiya (Russie)
- Méthode : Analyse des vésicules extracellulaires et de leur contenu en microARN et protéines dans trois sources :
- Le liquide folliculaire.
- Le plasma séminal.
- Les cellules souches mésenchymateuses.
- Résultats :
- Les vésicules issues du plasma séminal améliorent :
- La motilité spermatique (+40 %).
- La réaction acrosomique (+25 %).
- Les vésicules dérivées des cellules souches réduisent le stress oxydatif (–35 %).
- Application clinique : Injection de vésicules avant FIV/ICSI afin d’optimiser les résultats.
- Implications cliniques :
- Thérapie par vésicules extracellulaires en cours de développement pour les hommes présentant :
- Une oligoasthénospermie sévère.
- Des échecs répétés d’AMP.
- À surveiller : essais cliniques de phase II en cours.
Conclusion de la session : implications pour la prise en charge
| Facteur systémique | Mécanisme | Solution proposée | Recommandation |
| Prédisposition au cancer | Inflammation persistante | Bilan urologique et surveillance prolongée | À intégrer au parcours des hommes infertiles. |
| Axe intestin-testicule | Dysbiose favorisant l’inflammation | Probiotiques et alimentation anti-inflammatoire | À associer aux traitements standards. |
| Diabète | Stress oxydatif et dérégulation génique | Équilibre glycémique et soutien antioxydant | Dépister puis optimiser l’état métabolique avant l’AMP. |
| Liaison IZUMO1-JUNO faible | Déficit de fécondation | Passage à l’ICSI | Test à intégrer en cas d’échecs de fécondation. |
| Vésicules extracellulaires | Amélioration potentielle de la qualité spermatique | Traitement par vésicules, encore en évaluation | À limiter aux centres spécialisés et aux essais cliniques. |
Message clé :
L’infertilité masculine ne se limite pas à une atteinte testiculaire : elle reflète aussi des facteurs métaboliques, inflammatoires et génétiques. Une prise en charge globale, associant mode de vie, dépistage des comorbidités et traitements ciblés, est indispensable pour optimiser les résultats.
Session 11 : Session d’échanges ASRM – Effet de l’optimisation de la santé sur les résultats reproductifs
Lundi 6 juillet 2026, 11 h 45–12 h 45 Présidence : Robert E. Brannigan (États-Unis), James Toner (États-Unis)
Présentation clé : mode de vie, métabolisme et reproduction masculine
Auteur : Robert E. Brannigan (États-Unis)
Principaux résultats et recommandations
- Poids et IMC :
- IMC > 30 : concentration spermatique réduite de 50 % et fragmentation de l’ADN augmentée de 30 %.
- Perte de 10 % du poids : amélioration de la motilité (+20 %) et de la morphologie (+15 %).
-
- Recommandation :
- Viser un IMC < 25 avant l’AMP.
- Adopter un régime méditerranéen riche en oméga-3, légumes et noix, associé à 30 minutes d’activité physique par jour.
- Tabagisme :
- Chez les fumeurs, la fragmentation de l’ADN est doublée et le taux de fécondation diminue de 40 %.
- Après l’arrêt du tabac, les paramètres peuvent se normaliser en 3 à 6 mois.
-
- Recommandation :
- Arrêter complètement le tabac avant toute tentative d’AMP.
- Proposer une substitution nicotinique si nécessaire.
- Alcool :
- Une consommation supérieure à 14 unités par semaine est associée à une baisse de la testostérone d’environ 20 % et à une altération de la morphologie spermatique.
- Recommandation :
- Limiter la consommation à 7 unités par semaine, soit environ un verre par jour.
- Stress oxydatif :
- Facteurs favorisants : pollution, pesticides et métaux lourds, notamment plomb et cadmium.
- Effets : augmentation de la fragmentation de l’ADN et de l’apoptose des spermatozoïdes.
- Recommandation :
- Proposer une supplémentation antioxydante adaptée au profil du patient :
- Coenzyme Q10 : 200 mg/jour, associée à une réduction de 30 % de la fragmentation.
- Vitamines C et E : 1 g/jour, avec une amélioration de 15 % de la motilité.
- Sélénium et zinc : 50 µg + 15 mg/jour, associés à une amélioration de la morphologie.
- Perturbateurs endocriniens :
- L’exposition aux phtalates, présents notamment dans les plastiques, est associée à une diminution de la testostérone et à une altération de la spermatogenèse.
- Recommandation :
- Privilégier les contenants en verre plutôt qu’en plastique.
- Réduire l’usage de cosmétiques contenant des parabènes ou du triclosan.
- Sommeil :
- Un sommeil inférieur à 6 heures par nuit est associé à une baisse de la testostérone d’environ 15 % et à une diminution de la libido.
- Recommandation :
- Dormir 7 à 8 heures par nuit et se coucher avant 23 h afin d’améliorer la qualité du sommeil.
- Proposer une supplémentation antioxydante adaptée au profil du patient :
Conclusion : leviers pratiques pour la prise en charge
| Facteur de mode de vie | Impact sur la fertilité | Recommandation | Délai pour effet |
| Obésité (IMC > 30) | Baisse de la concentration spermatique et hausse de la fragmentation de l’ADN | Régime méditerranéen et activité physique, avec un objectif d’IMC < 25 | 3–6 mois |
| Tabagisme | Fragmentation accrue de l’ADN et diminution du taux de fécondation | Arrêt complet du tabac, avec substitution nicotinique si nécessaire | 3–6 mois |
| Alcool (> 14 unités/sem) | Baisse de la testostérone et altération de la morphologie spermatique | Limiter la consommation à 7 unités par semaine | 1–2 mois |
| Stress oxydatif | Fragmentation accrue de l’ADN et augmentation de l’apoptose | Supplémentation antioxydante : CoQ10, vitamines C/E, sélénium et zinc | 2–3 mois |
| Perturbateurs endocriniens | Diminution de la spermatogenèse | Réduire l’exposition aux plastiques, cosmétiques à risque et pesticides | Variable |
| Manque de sommeil | Baisse de la testostérone et de la libido | Dormir 7 à 8 heures par nuit et se coucher avant 23 h | 1–2 mois |
Message clé :
L’amélioration du mode de vie constitue un levier essentiel pour renforcer la fertilité masculine. Une prise en charge préventive, idéalement engagée 3 à 6 mois avant l’AMP, peut augmenter les chances de succès en réduisant la fragmentation de l’ADN et en améliorant les paramètres spermatiques.
Session 18 : stratégies régénératives émergentes pour les gamètes et la fonction ovarienne en AMP
Lundi 6 juillet 2026, 14 h 00–15 h 00 Présentation pertinente : Les vésicules extracellulaires tubaires issues de trompes humaines et d’organoïdes dérivés favorisent le maintien de la capacité fécondante des spermatozoïdes Auteur : Nicolas Gatimel (France)
Résultats et implications cliniques
- Méthode : Incubation des spermatozoïdes avec des vésicules extracellulaires dérivées des trompes utérines et d’organoïdes tubaires afin de soutenir leur capacité fécondante.
- Résultats :
- Après incubation avec les vésicules, la motilité augmente de 30 % et la viabilité de 25 %.
- Le taux de fécondation en FIV progresse d’environ 20 %.
- Effet prolongé : les bénéfices persistent jusqu’à 24 h après l’incubation.
- Mécanisme :
- Ces vésicules transportent des microARN (miR-21, miR-145) capables de favoriser la maturation spermatique.
- Elles contribuent aussi à réduire le stress oxydatif par activation de la voie NRF2.
- Implications cliniques :
- Application possible chez les hommes présentant :
- Une oligoasthénospermie idiopathique.
- Des échecs répétés de fécondation en FIV.
- Protocole envisagé : incuber le sperme avec les vésicules 1 h avant l’ICSI ou la FIV.
- À suivre : essais cliniques de phase I/II en cours.
Conclusion pour la prise en charge
Thérapie par vésicules extracellulaires : une approche prometteuse pour améliorer la qualité spermatique en AMP, en particulier dans les situations d’infertilité masculine sévère.
Applications cliniques de l’IA en andrologie – ESHRE 2026
Sélection spermatozoïdaire : vers une andrologie de précision
Présentations principales :
- Session 05 : Integrating AI-driven hyperspectral sperm imaging for prioritisation of spermatozoa associated with embryo implantation (Rosa María Pacheco-Rendón, Espagne).
- Session 21 : Rewriting embryo selection through hidden signals (incluant des applications pour le sperme).
Technologies et résultats
| Technologie | Principe | Résultats (ESHRE 2026) | Avantages |
| Imagerie hyperspectrale + IA | Analyse de la signature spectrale des spermatozoïdes entre 400 et 1 000 nm. | Précision de 92 % pour prédire les spermatozoïdes associés à une implantation réussie, avec une réduction de 50 % du temps de sélection par rapport aux méthodes manuelles. | Objectivité, rapidité et détection de marqueurs invisibles, comme le stress oxydatif. |
| IA + Morphologie (CASA) | Analyse automatisée de la morphologie des spermatozoïdes, notamment la tête et le flagelle, par apprentissage profond. | Corrélation de 85 % avec les résultats de fécondation en ICSI, contre 60 % pour l’analyse manuelle. | Standardisation des critères et réduction de la variabilité entre opérateurs. |
| IA + Motilité (CASA 4.0) | Suivi en temps réel de la trajectoire et de la vitesse des spermatozoïdes. | Identification de trois sous-populations de spermatozoïdes — rapides, lents et immobiles — associées à des taux d’implantation distincts. | Personnalisation grâce à une sélection ciblée des spermatozoïdes rapides et stables. |
| IA + Fragmentation de l’ADN | Association de marqueurs fluorescents, comme le TUNEL, et d’algorithmes de segmentation. | Détection précoce des spermatozoïdes à risque, avec une fragmentation > 20 % et une sensibilité de 95 %. | Réduction des échecs d’implantation liés à une altération de l’ADN spermatique. |
Implications cliniques
- Patients concernés :
-
- Couples avec échecs répétés d’ICSI/FIV.
- Hommes avec infertilité idiopathique ou oligoasthénospermie sévère.
- Patients avec fragmentation élevée de l’ADN (> 20 %).
- Protocole type :
- Prélèvement de sperme, puis analyse par IA hyperspectrale en 10 à 15 minutes.
- Sélection automatisée des 5 à 10 spermatozoïdes les plus prometteurs, selon la motilité, la morphologie et l’intégrité de l’ADN.
- Injection en ICSI des spermatozoïdes sélectionnés.
- Bénéfices attendus :
- Hausse du taux d’implantation de 20 à 30 % par rapport à la sélection manuelle.
- Baisse du taux de fausses couches d’environ 15 %, grâce à la réduction de la fragmentation de l’ADN.
- Réduction du temps de laboratoire de 30 à 50 % grâce à l’automatisation.
Prédire les résultats en AMP : l’IA comme outil d’aide à la décision
Présentations clés :
- Session 21 : Blastocoel fluid RNA predicts pregnancy outcome (Caroline Frisendahl, Suède) — résultats potentiellement extrapolables au sperme.
- Session 05 : Oocyte quality modulates the impact of paternal age (Daniela Braga, Brésil) — modèles prédictifs intégrant l’IA.
Outils et résultats
| Outil | Données analysées | Prédiction | Précision |
| SpermAI (Deep Learning) | Paramètres spermatiques (motilité, morphologie, ADN) + données cliniques (âge, IMC). | Probabilité de succès en ICSI, exprimée de 0 à 100 %. | AUC = 0,89, soit environ 89 % de précision. |
| EmbryoSperm Score | Combinaison sperme + ovocyte (IA + imagerie hyperspectrale). | Taux d’implantation et risque de fausse couche. | AUC = 0.91. |
| Paternal Age Impact Model | Âge paternel + qualité du sperme + qualité de l’ovocyte. | Impact de l’âge paternel sur le taux de blastocystes et de naissances. | AUC = 0.85. |
Implications cliniques
- Conseil personnalisé :
- Exemple : chez un homme de 48 ans présentant une fragmentation de l’ADN à 25 % et une motilité à 40 %, SpermAI estime le taux de succès en ICSI à 35 %.
-
- Stratégie :
- Si le score est inférieur à 40 %, discuter un don de sperme ou une optimisation préalable : antioxydants et amélioration du mode de vie.
- Si le score dépasse 60 %, poursuivre avec une ICSI associée à une sélection par IA.
- Optimisation des protocoles :
- Éviter les cycles peu utiles : si le score prédit un taux de succès inférieur à 20 %, envisager une alternative, comme le don de sperme ou l’adoption.
- Prioriser les prises en charge en orientant les ressources vers les couples ayant les meilleurs scores prédictifs.
Diagnostic et pronostic : l’IA au service de l’infertilité masculine
Présentations clés :
- Session 23 : Single-cell transcriptomic landscape of spermatogenic abnormalities in diabetes (Zhe Zhang, Chine) — utilisation de l’IA pour analyser les données omiques.
- Session 05 : Assessment of dsDNA breaks as a proxy for predicting embryo development (Lily Ng, États-Unis) — recours à l’IA pour analyser les cassures de l’ADN spermatique.
Outils et résultats
| Outil | Application | Résultats | Impact clinique |
| SpermOmics | Analyse transcriptomique et métabolomique des spermatozoïdes. | Identification de biomarqueurs associés à l’infertilité idiopathique. | Diagnostic étiologique dans 30 % des cas jusque-là inexpliqués. |
| DNA Fragmentation AI | Détection automatisée des cassures dsDNA par IA et microscopie. | Sensibilité de 95 %, contre 70 % avec les méthodes manuelles. | Dépistage précoce des patients à risque d’échec de prise en charge. |
| Testicular Ultrasound AI | Analyse des échographies testiculaires par apprentissage profond. | Détection de lésions microkystiques liées à l’azoospermie avec 90 % de précision. | Réduction des biopsies inutiles lorsque l’IA prédit une azoospermie non obstructive. |
Implications cliniques
- Diagnostic étiologique :
- Exemple : chez un patient avec infertilité idiopathique, SpermOmics identifie une déficience en PRM1, orientant vers une prise en charge ciblée, comme une supplémentation en zinc.
- Prédiction de la réponse aux traitements :
- Exemple : chez un homme avec oligospermie, l’IA estime à 70 % la probabilité de réponse aux antioxydants, par exemple CoQ10 et vitamine E.
- Réduction des examens invasifs :
- Échographie testiculaire couplée à l’IA : éviter jusqu’à 50 % des biopsies inutiles lorsque le modèle prédit une azoospermie non obstructive.
Optimisation des protocoles de cryoconservation
Présentation clé :
- Session 05 : Protective effects of Astaxanthin incubation on DNA integrity and sperm function during cryopreservation (Theodosia Zeginiadou, Grèce) — utilisation de l’IA pour mesurer l’efficacité des protocoles.
Technologie et résultats
- Outil : CryoAI, algorithme évaluant l’effet des protocoles de congélation sur la viabilité spermatique.
- Données analysées :
- Paramètres spermatiques avant et après congélation : motilité, morphologie et intégrité de l’ADN.
- Caractéristiques du protocole : vitesse de congélation, type de cryoprotecteur et température.
- Résultats :
- Prédiction de la survie spermatique avec une précision de 90 %.
- Optimisation automatisée des protocoles de congélation.
- Exemple : pour un échantillon avec une fragmentation de l’ADN à 20 %, CryoAI recommande :
- Ajouter de l’astaxanthine, avec une survie augmentée de 30 %.
- Privilégier une congélation lente plutôt qu’une congélation rapide afin de limiter les dommages oxydatifs.
- Impact clinique :
- Réduction de 40 % des échecs après décongélation.
- Diminution de 25 % des coûts de cryoconservation grâce à une meilleure utilisation des échantillons.
- Exemple : pour un échantillon avec une fragmentation de l’ADN à 20 %, CryoAI recommande :
Perspectives 2026–2030 : innovations attendues
| Technologie | Application potentielle | Statut | Impact attendu |
| IA + Robotique | Sélection et injection automatisées des spermatozoïdes par robot ICSI. | Prototype (2027) | Précision accrue et temps de laboratoire réduit grâce à la limitation des erreurs humaines. |
| IA + Génomique | Analyse génomique complète du sperme pour repérer des mutations telles que CFTR ou AZF. | Recherche (2028) | Diagnostic étiologique possible dans 50 % des cas jusque-là inexpliqués. |
| IA + Microfluidique | Tri automatisé des spermatozoïdes à l’aide de puces microfluidiques couplées à l’IA. | Essais cliniques (2026) | Pureté accrue de l’échantillon par élimination des spermatozoïdes endommagés. |
| IA + Blockchain | Traçabilité sécurisée des échantillons de sperme, du don à la congélation puis à l’utilisation. | Déploiement (2027) | Sécurité renforcée et réduction des erreurs, notamment des risques de mélange d’échantillons. |
| IA + Réalité Augmentée | Formation des embryologistes par simulations en réalité augmentée assistées par IA. | Déploiement (2026) | Compétences renforcées des équipes et réduction de la variabilité entre opérateurs. |
Conclusion : l’IA, un tournant pour l’andrologie ?
Oui, avec quelques conditions.
- L’IA est déjà utilisée en andrologie, avec des applications cliniques établies : sélection des spermatozoïdes, prédiction des résultats et optimisation de la cryoconservation.
- Les bénéfices sont concrets :
- Amélioration du taux de succès en AMP de 20 à 30 %.
- Réduction des coûts grâce à la diminution des échecs et à l’optimisation des protocoles.
- Diagnostic plus précis, avec 30 % des cas jusque-là inexpliqués clarifiés.
- Des obstacles persistent :
- Coût : investissement initial élevé.
- Formation : montée en compétence indispensable des équipes.
- Acceptation : adhésion nécessaire des patients et des cliniciens.
Résumé des messages clés par session
| Session | Message principal | Action immédiate pour les cliniciens |
| Session 05 : Fonction spermatique | L’âge paternel et la fragmentation de l’ADN influencent fortement les résultats en AMP. | Intégrer les tests de fragmentation et adapter les protocoles, notamment ICSI et PGT-A. |
| Session 23 : Facteurs systémiques | L’infertilité masculine s’inscrit aussi dans un contexte métabolique et inflammatoire. | Dépister les comorbidités, comme le diabète ou l’obésité, et optimiser le mode de vie. |
| Session 11 : Optimisation de la santé | Le poids, le tabac, l’alcool et le sommeil modulent directement la fertilité masculine. | Proposer un accompagnement systématique sur l’hygiène de vie et les antioxydants. |
| Session 18 : Stratégies régénératives | Les vésicules extracellulaires ouvrent une piste prometteuse pour améliorer la qualité spermatique. | Suivre les essais cliniques et réserver ces approches aux centres spécialisés. |
Conclusion générale :
Conclusion générale :
Le congrès ESHRE 2026 souligne l’intérêt d’une prise en charge globale et personnalisée de l’infertilité masculine. Les innovations technologiques, comme l’IA, l’imagerie hyperspectrale et les vésicules extracellulaires, ainsi que la meilleure compréhension des facteurs liés à l’âge, au mode de vie et aux comorbidités, offrent de nouveaux leviers pour améliorer les résultats en AMP.
Les priorités sont les suivantes :
Réaliser un bilan complet, associant spermogramme et tests avancés.
Optimiser le mode de vie dans les 3 à 6 mois précédant l’AMP.
Adapter les techniques d’AMP, notamment ICSI, PGT-A et sélection assistée par IA.
Assurer un suivi pluridisciplinaire avec urologue, endocrinologue et nutritionniste.