Quels sont les hypotenseurs réellement à risque pour la fonction érectile ?

Analyse par Jacques BUVAT, Lille, France

De l’article de Baumhäkel M, Schlimmer N, Kratz M, Hacket G, Jackson G, Böhm M.
Cardiovascular risk, drugs and erectile function – a systematic analysis Int J Clin Pract 2011; 65:289-298

Les sujets hypertendus ont un risqué accru de dysfonction érectile, d’autant plus l’hypertension est associée, comme c’est souvent le cas, à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire. On a évoqué de longue date un risque iatrogène supplémentaire, lié à l’utilisation de différentes molécules hypotensives. Cependant les hypotenseurs sont souvent accusés à tort Les auteurs de cet article ont voulu clarifier la question en faisant une analyse systématique des seuls essais cliniques ayant évalué avec une méthodologie rigoureuse les effets des différents hypotenseurs sur la fonction érectile.

Ils ont ainsi trouvé dans la littérature cinq essais de type épidémiologique évaluant les effets de différentes molécules, huit essais ayant évalué les effets des bêtabloqueurs, cinq ayant évalué les inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine, et un seul essai ayant évalué l’effet des diurétiques sur la fonction érectile, tous ces essais ayant été menés en double-insu contre placebo ou contre une autre molécule. L’analyse confirme que parmi les hypotenseurs principalement utilisés aujourd’hui seuls les diurétiques thiazidiques (comme l’hydrochlorothiazide, malheureusement présent dans la majorité des associations utilisées en seconde intention) et les bêtabloqueurs, à l’exception du Nebivolol (Nebilox®, Temerit ®), ont réellement un impact négatif sur la fonction érectile. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine, et les bloqueurs des canaux calciques n’ont pas d’effet négatif significatif, ou pourraient même avoir un effet positif (surtout pour les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine).

Ces données basées sur des preuves devraient donc permettre de mieux préserver, ou d’autres fois améliorer, la fonction érectile des sujets hypertendus, en évitant, ou remplaçant, les deux principales classes thérapeutiques exposant à un risque iatrogène, soit les diurétiques thiazidiques et les bêtabloqueurs autres que le Nebivolol. Plusieurs études ont montré que ce dernier peut avantageusement remplacer les autres produits de cette classe

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