La pornographie en ligne n’affecterait ni la sexualité ni la santé mentale.

Un étude récente publiée dans le journal scientifique « Sexual and relationship Therapy » n’a trouvé aucune corrélation significative entre l’usage des sites pornographiques en ligne et les paramètres psychosociaux suivants : la satisfaction sexuelle, l’image corporelle, les attitudes sexistes et le bien-être mental – et ce contrairement à ce qu’affirment nombre d’études précédentes.

 

Malgré l’intérêt suscité par le recours devenu courant aux sites mettant à disposition du grand public des contenus sexuels explicites, les effets potentiellement néfastes de telles pratiques restent sujet à controverse au sein de la communauté scientifique. Certaines études ayant établi un lien entre un usage excessif et des effets néfastes – attitudes sexistes ou diminution de la satisfaction sexuelle – tandis que nombre d’autres tendraient au contraire à établir une corrélation positive entre l’usage de la pornographie en ligne et satisfaction sexuelle (cf. la diapothèque pour se familiariser avec le concept de pornographie positive).

 

Charig et al. ont tenté de clarifier le lien possible existant entre un abus de pornographie en ligne et la santé mentale et sexuelle au sens large, par le prisme du modèle DSMM (« Differential Susceptibility to Media Effect Models »).

 

Les auteurs soutiennent que l’un des axes majeurs de cette méthode est de permettre de mesurer les effets indirects du recours aux contenus sexuels explicites en ligne. A titre d’exemple, l’étude questionne notamment les utilisateurs de tels sites sur leur perception personnelle de l’éventuel réalisme ou non des contenus disponibles.

 

L’étude, principalement basée sur un questionnaire en ligne adressé à 252 femmes et hommes hétérosexuels et cisgenres portant sur la fréquence de leur usage personnel de pornographie en ligne, évalue en outre leur bien-être mental, leur satisfaction sexuelle, leur image corporelle, les attitudes sexistes qu’ils ont envers les deux sexes.

 

79% des personnes interrogées ayant souhaité répondre ont admis avoir eu recours à des sites pornographiques en ligne au cours des trois mois passés, et 85% ont visité de tels sites au moins une fois dans leur vie. Il convient de noter qu’une très forte majorité de 80% estime par ailleurs que les contenus disponibles ne témoignent que peu voire pas du tout d’un quelconque réalisme.

 

Par ailleurs, les résultats ne démontrent aucun lien notable entre d’une part le visionnage de contenus sexuellement explicites en ligne et d’autre part la satisfaction sexuelle ou corporelle des utilisateurs, ou des attitudes sexistes. Les auteurs en tirent par suite une conclusion liminaire contraire aux études préalablement conduites. Ils soulignent au sein de leur panel « les liens très faibles établis entre le recours à la pornographie en ligne et de quelconques effets néfastes sur la réponse sexuelle ou corporelle et l’estime de soi ou le rapport à autrui », comportements sexistes y compris.

 

Les auteurs admettent cependant qu’une des limites de leur étude est qu’elle n’a à ce stade porté que sur un échantillon de population « hétéronormé », et qu’un panel plus inclusif pourrait à l’avenir venir affiner les résultats.

 

Ils dressent néanmoins un constat tendant à établir qu’il conviendrait de continuer à étudier les effets de l’usage – excessif ou non – de pornographie en ligne, et pourquoi pas ses éventuels effets bénéfiques, afin de battre en brèche l’idée communément répandue selon laquelle une telle pratique représenterait un danger pour soi-même et pour autrui, comme nombre d’études le soulignent.

Une approche pertinente dans le contexte sanitaire et pandémique actuel, qui témoigne d’une augmentation significative de la consommation des contenus sexuellement explicites, et d’une sexualité alternative et virtuelle (Cocci et al., 2020).

 

Visitez notre diapothèque pour plus d’information sur le concept de pornographie positive

 

Références :

Charig R, Moghaddam NG, Dawson DL, Merdian HL, Das Nair R. A lack of association between online

pornography exposure, sexual functioning, and mental well-being. Sexual and Relationship Therapy.

2020 Apr 2;35(2):258-81.

 

Cocci A, Giunti D, Tonioni C, Cacciamani G, Tellini R, Polloni G, Cito G, Presicce F, Di Mauro M, Minervini A, Cimino S. Love at the time of the Covid-19 pandemic: preliminary results of an online survey conducted during the quarantine in Italy. International journal of impotence research. 2020 May 14:1-2.

X
X