Session Fonction et dysfonction sexuelle en temps de pandémie de Covid-19

february, 2021

19feb(feb 19)6h 00min20(feb 20)18h 00minSession Fonction et dysfonction sexuelle en temps de pandémie de Covid-19

Event Details

Écho des congrès
Congrès virtuel de l’ESSM
https://www.essm-congress.org/virtual/
Compte-rendu par Sandrine Atallah.

L’infection par le SRAS-CoV-2 est caractérisée par un état d’hyperinflammation conduisant à un dysfonctionnement endothélial, un hypogonadisme sous-clinique, une détresse psychologique et une hémodynamique pulmonaire altérée qui peuvent tous contribuer au dysfonctionnement sexuel masculin et féminin.
Andrea Solonia (Italie) a détaillé lors de son intervention l’impact de l’infection SRAS-CoV-2 sur la fonction testiculaire. Les hommes semblent non seulement être plus sensibles à l’infection par rapport aux femmes, au moins dans les pays occidentaux, mais leur cas le taux de mortalité attribuable à l’infection par le SRAS-CoV-2 est également le plus élevé. D’une part, il semblerait que la testostérone endogène serait l’une des raisons pourquoi les hommes sont plus enclins à développer de plus graves complications liées à l’infection par le SRAS-CoV-2. D’une autre part, l’Infection par le SRAS-CoV-2 provoquerait en soi un stade aigu d’hypogonadisme masculin qui serait à l’origine de l’évolution grave ou même mortelle de la maladie.
De plus, le SRAS-CoV-2 pourrait éventuellement infecter les testicules, avec un risque consécutif en termes de dysfonctionnement reproductif masculin, en raison d’une perturbation de la spermatogenèse et de la production androgénique. Cette orchite diminuerait donc les taux de testostérone ainsi que le nombre et la motilité des spermatozoïdes.
Patricia Pascoal (Portugal) a ensuite décrit l’impact sexologique de la pandémie. La détresse psychologique déclenchée par la COVID-19 varie en fonction de l’exposition des personnes et est associée au risque individuel perçu et aux croyances concernant la maladie. Cette détresse psychologique doit être prise en compte par les professionnels de la santé sexuelle, étant donné la forte comorbidité entre les troubles émotionnels et la dysfonction sexuelle. Outre l’impact psychosexuel, Pascoal a souligné que la pandémie actuelle avait un impact sur la dynamique relationnelle et conjugale des individus, ce qui augmenterait les discordances du désir sexuel entre les partenaires ainsi que l’insatisfaction sexuelle.
Selon Pascoal, la technologie jouerait un rôle crucial dans la façon dont les individus s’adaptent à l’isolement social. La technologie étant considérée comme relativement « sure » en temps de pandémie, le sexe virtuel et la consommation de pornographie permettraient aux individus célibataires ou ne vivant pas avec leur partenaire de rester actif sexuellement. La technologie façonne ainsi les relations intimes de manière sans précédent et se révèlerait essentielle au maintien de la diversité sexuelle.
Enfin, malgré ses divers limitations et challenges, il faudrait reconnaitre le potentiel apporté par la e-Santé ainsi que sa valeur pour intervenir en santé mentale et sexuelle pendant la pandémie.
Emmanuel Jannini (Italie) a conclu la session en rappelant que cette pandémie représente l’un des plus grands challenges pour notre génération du fait de son impact sur la santé en général mais aussi sur les plans économiques et politiques. Les confinements répétitifs et les mesures de distanciation sociale affectent aussi négativement la sexualité des individus qu’ils soient en couple ou célibataires. La pandémie serait en effet associée à une moindre satisfaction sexuelle pour les deux sexes. Cependant, les femmes souffriraient davantage d’anxiété et de dépression et donc seraient plus à risque de développer des troubles de la fonction sexuelle et/ou une certaine insatisfaction sexuelle. Il est à noter que maintenir une activité sexuelle serait protecteur contre l’impact psychologique de la pandémie et réduirait l’incidence et la sévérité des troubles anxieux et de l’humeur.
Enfin, l’infection par le SRAS-CoV-2 pourrait aussi avoir un impact sur la fonction érectile et la lubrification féminine par le biais de plusieurs mécanismes : un dysfonctionnement endothélial, l’hypogonadisme sous-clinique, la détresse psychologique et l’altération de l’hémodynamique pulmonaire. Le SRAS-CoV-2 pourrait aggraver les conditions cardiovasculaires ; augmentant encore le risque de dysfonction érectile. A noter également que le traitement de la dysfonction érectile avec les inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (PDE5) pourrait être aussi bénéfique contre l’infection par le SRAS-CoV-2
Tout au long des présentations lors du congrès de l’ESSM, les participants ont partagé leurs points de vue, études et connaissances sur les divers sujets traitant de la médecine sexuelle, ce qui permis d’apporter une véritable plus-value scientifique aux sessions en soulignant l’importance de ces sujets.

Time

19 (Friday) 6h 00min - 20 (Saturday) 18h 00min

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